“ Les souterrains du Nord ”

La région du Nord Pas de Calais cultive depuis toujours une forte image dans l'extraction de ses ressources souterraines, outre les houillères, bien avant ce fût le cas de l'extraction de la pierre blanche : la craie. Voici donc un dossier consacré sur les anciennes carrières de craie du département du Nord.

Il y a cent millions d'années la mer recouvrait tout le bassin parisien qui s'étendait alors sur une bonne partie du Nord de la France. Elle s'est ensuite peu à peu retirée laissant derrière elle plusieurs couches de sédimentations. A Paris et alentours cela a formé la pierre calcaire, dans le Nord cela a formé la pierre crayère.

La craie apparaît au Crétacé Supérieur dés le Cénomanien dans le Boulonnais, elle se généralise pendant le Turonien supérieur et enfin au Sénonien où la mer atteint son extension maximale. En comparaison avec la bassin parisien, c'est donc une sédimentation plus ancienne. La craie du Nord appartient à trois étages géologiques différents. Elle se caractérise notamment de haut en bas par :

La répartition des carrières dépend donc de la formation des dépôts, celle-ci s'étale du Sud-Est vers le Nord-Ouest en abondance dans le Nord dans quatre bassins qui ont largement profité de cette pierre :

Les exploitations souterraines dans le Nord sont très anciennes, les Gaulois et les Romains auraient déjà exploités la pierre à cette époque. Mais c'est globalement au Moyen-Age avec l'essor religieux, que va se développer l'extraction de la pierre. La craie se trouve être le seul matériau en abondance dans la région. Elle sert comme :

C'est donc un matériau important, qui va assurer la prospérité de la région.

La craie est située peu profondément elle est entièrement exploitée en souterrain pour des raisons techniques et économiques. D'une part cela est trop contraignant d'exploiter à ciel ouvert, en effet l'épaisseur des morts-terrains même faible, aurait entraîné des excavations gigantesques. D'autre part la région cultive une importante agriculture et il apparaît inutile de rendre ces terrains inexploitables.

La profondeur de ces carrières est cependant limitée par le niveau de la nappe phréatique, c'est à dire plus ou moins 30m.

L'extraction

L'exploitation de ces carrières s'est faite de plusieurs façons :

Schéma d'une catiche

La pierre est remontée par ces puits à l'aide de treuil, muni d'une grande roue que les hommes font tourner à l'aide d'un manège ou à la force humaine.

D'où provient le terme catiche ? En cherchant bien on ne trouve absolument rien en rapport avec la pierre ou l'extraction mais une définition plus surprenante qui n'a rien à voir. Effectivement, on peut lire assez facilement que le terme catiche désigne le trou que creuse la loutre comme étant son terrier. Dans un article sur la chasse à la loutre on lit "Beaucoup moins étendue que les terriers précités, la catiche n'a guère qu'une ou deux galeries avec autant de chambres soigneusement tapissées de mousse et d'herbes : elle présente toujours deux entrées, trois au plus sur la terre ferme et une autre du côté de la rivière et dont l'orifice est presque toujours au dessous du niveau de l'eau, permettant ainsi a la loutre de sortir de son domicile sans que ses ennemies terrestres puissent s'en apercevoir.

Ces terriers sont désignés parfois comme cavernes [...]. Elle y entrepose également le poisson qu'elle attrape, les fortes exhalaisons sortant du terrier amène le chasseur a bouché l'entrée afin de l'attraper.

Doit on y avoir ici une caricature de la future catiche du Nord avec son bouchon ? J'en doute ! Où est le rapport ? Il n'y en a pas. Il semble que ce mot soit trop ancien ou issu d'un parlé local mais dont personne ne se souvient exactement de son origine.

Les cultures

Les carrières ont ensuite servies pour la culture du champignon. C'est visiblement en 1848 que la première culture s'installe en souterrain. Il s'agit de Monsieur Puy. (Voir à Hellemmes pour plus d'informations le concernant)

Mais ces carrières ont également servies dans la culture de la barbe de capucin, sorte de salade de chicorée, ancêtre de l'endive. On l'appelle aussi capucine des catiches dans le Nord.

La barbe de capucin est la chicorée sauvage qui a végété dans un lieu privé de lumière : rentrée en automne dans les caves elle jette de longues feuilles blanches etiolées et dans cet état de maladie on l'appelle barbe de capucin. Lorsqu'on a joui des feuilles de cette plante toute l'année, on place en automne ses racines très rapprochées dans le sable à la cave et là les feuilles croissent et se coupent dans l'hiver.

Cette culture permet de manger de la salade même en hiver. Cette salade est plus démocratisée en Belgique qu'ici en France. Pour autant il semble que cette culture soit apparue à Montreuil-sous-Bois en 1630 par Beausse Saint-Hilaire qui planta des racines de chicorée sauvage dans sa cave. Un certain Jean Baptiste Noël Dumoulin (belge), (dit Noël Dumoulin, né à Béclers le 26 décembre 1837 et décédé à l'âge de 67 ans le 2 mai 1904) aurait apporté cette graine de chicorée...à Lezennes où il fût le précurseur de cette culture dans la région vers 1860, soit à peine quelques années après le champignon. M Dumoulin cultive la chicorée avec un même succès depuis tantôt 25 ans et fournit régularité parfaite depuis cette époque les marchés de Roubaix.

Une inscription (non trouvée) indiquerait : Mardi 20 janvier, Jean-Baptiste Dumoulin, Planteur de chicorée 1882, âgé de 45 ans..

Comme indiqué elle se cultive en deux temps :

Cette culture était encore en fonctionnement dans le Nord il y a peu, ces cultivateurs (les "barbeux" comme on dit) étaient : Damien et Alain (frères) Patinier à Fâches (2004-2014), Mr Serlet à Loos, Mr Delebarre à Loos et Noel et Francine Leplus à Loos.

Situation actuelle

Selon un rapport datant de 1998, 250 carrières ont été répertoriées représentant approximativement 2000Ha. Depuis 1967 le Conseil Général du Nord possède son propre service d'inspection, il s'agit du SDICS (Service Départemental d'Inspection des Carrières Souterraines) dont les missions sont d'établir un inventaire, réaliser des plans et inspecter ces souterrains. Il est dissout en 2006 et c'est le SEISM (Service d’Expertises et d’Ingénierie des Sols et Matériaux) qui a partiellement repris ce service en s'occupant des mises à jour de sécurité. Une large partie restant toutefois à la responsabilité des communes.

Durant donc des années ces inspecteurs ont visités, documentés et balisés ces souterrains. Chaque pilier, chaque catiche est numéroté. Des secteurs sont balisés par des sigles quand ils ne sont pas fléchés par des rubalises. Plus récemment avec les nouvelles technologies certaines cavités sont modélisées en 3D.

Il ne sera pas abordé dans cette page les souterrains du type sapes, tunnels, blockaus (liées principalement à la Première Guerre Mondiale), les caves, refuges, boves et muches. Dans une autre mesure la région du Cambrésis a été écartée du point de vue de la taille de ses souterrains, souvent très petites, ou alors en partie déjà remblayés.

Sources : Remerciements :

J'adresse un grand remerciement particulièrement à Vincent Duseigne et Cyrile Glorieus pour leurs contributions, partages, aides et surtout aux visites collectives qui n'ont pas toujours été simples mais qui ont réservées quelques beaux souvenirs !

La craie

Dans le paysage, la craie n'est pas si présente que cela alors qu'elle a été fortement utilisée comme pierre à bâtir. Pourquoi ? Parce qu'elle ne tient pas dans le temps tout simplement. C'est une pierre gélive ce qui en fait son principal défaut. Aujourd'hui rare sont les édifices encore habillés de craie, ils ont été démolis ou alors remplacés par d'autres matériaux plus résistants, mais le blanc attire encore l'oeil. Afin de parer aux désagréments de la pierre et au coût élevé de la brique, une solution a été trouvé comme compromis : faire un mélange des deux. Cet aspect s'appelle le rouge-barre, c'est assez typique de la région. Il s'agit de faire une alternance entre des moellons de pierre (appelé blancs-caillos) et un banc de briques de trois couches. Cela donne de longues bandes reconnaissables sur les bâtiments qui donne un certain charme.

Ce genre architectural se retrouve sur les maisons mais surtout sur les anciennes fermes.

La craie a surtout été utilisée dans la construction, en voici quelques exemples : le palais Rihour, l'hospice Comtesse, la vieille Bourse, la citadelle de Lille, la Porte de Paris, les églises de Fâches, Saint Eloi de Lezennes, Sainghin, Sainte Catherine et Saint Maurice de Lille.

Eglise de Fâches Eglise de Fâches
Eglise de Fâches
Rouge-barre
Rouge-barre
Eglise de Lezennes Eglise de Lezennes
Eglise de Lezennes

Hellemmes

Hellemmes se résume au même titre que Lezennes en un grand centre d'extraction de la pierre et il en résulte de vastes exploitations qui sont indissociables, sauf aujourd'hui. Sur plan, cela se traduit par deux imposants réseaux, non connectés et quelques réseaux isolés assez proches. Par endroits on identifie bien les jonctions qui ont formées ces réseaux gigantesques. Mais parler d'Hellemmes, c'est donc parler de Lezennes. Une bonne partie de ces deux réseaux étaient connectés auparavant. Il en formait alors une immense carrière de plusieurs hectares. Tous les deux sont très semblables et il n'est pas rare de trouver les mêmes signatures de carriers.

Hellemmes est dirons nous plus récent, effectivement à ses début toute l'extraction s'est centralisée sur Lezennes, puis s'est déplacée par ici.

L'intensification du paysage urbain a rendu bon nombre de ses souterrains aujourd'hui inexistants, ou détachés. Mais pas tous. Hellemmes à l'opportunité si je peux dire, d'avoir une grande majorité de ses vides non sous-minée par le bâti. Le reste a malheureusement était comblé quand la situation semblait trop dangereuse ou près d'habitations.

Réseau Géraldine

Ce premier réseau est de taille raisonnable mais était connecté à un plus vaste autrefois. L'ensemble est déjà bien balisé en suivant un premier cheminement celui-ci nous amène vers le fond en traversant plusieurs catiches. Nous trouvons d'autres puits à échelles, et des indications "Sortie de secours". Il semble qu'il y avait bien plus d'entrées qu'aujourd'hui.

Cette partie ne semble pas avoir tellement été "signée", il ne reste que peu vestiges ou d'inscriptions.

Catiches Catiches
Catiches
Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Il s'agit d'une exploitation en piliers tournés et catiches. L'ensemble est très irrégulier. Notez la suite de lettres (R,S,T) écrites sur les piliers (Cf: piliers tournés)

Galerie Galerie
Galerie
Calvaire
Calvaire
Barbieux
Barbieux
Excursion
Excursion

Notes Observez cette galerie et notez la différence du niveau d'eau entre deux visites. En fonction de la saison l'eau remonte depuis la nappe.

Voici la première inscription datée de 1907, il s'agit d'écritures faites à la sanguine qui concernent deux personnes vraisemblablement cantonniers, peut être cultivateurs : Germain Drolo et Albert Barbieux.

L'inscription d'à côté indique le côté labyrinthique de ces réseaux : "N'aller pas en excursion par plaisir, danger"

Sortie de secours Sortie de secours Sortie de secours
Sortie de secours

Notes Ces panneaux ont été installés quand la carrière a servie de refuge pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Inscriptions Inscriptions Inscriptions Inscriptions
Inscriptions
Puits Puits
Puits

Notes Jean Baptiste de Kuster 1875, Rémy Delatre 1875. Henri Fertein 1907. Et une autre plus récente : "Géraldine, Ville de Lille". Il s'agit de Géraldine Berrehouc, ancienne chargée de la prévention des risques et des mouvements de terrain, pour la communauté de Lille (2014). Elle s'est depuis retirée.

Réseau Puy

Il s'agit d'un vaste réseau, divisé en plusieurs zones, qui était autre fois connecté à celui de Lezennes. La carrière semble plus moderne (attention c'est un grand mot, disons juste que ca parait plus récent), la navigation n'est pas pour autant plus facile !

Puits
Puits
Dessins de catiches
Dessins de catiches
Vue générale Louis Levas Auguste Roussel Louis Levas - Auguste Roussel Louis Levas - Auguste Roussel
Inscriptions carriers

Notes Louis Levas carrier à Lezennes né en 1838 et Roussel Auguste né Audembert 1820, Canton Marquise Pas Calais 1887.

On peux en déduire leur âge : Louis à 49 ans et Auguste 67 ans. Ce sont deux carriers, visiblement ils traînaient toujours ensemble, à chaque signature les deux sont présents. La date indique leur date de passage, on suppose que l'extraction était déjà arrêtée à ce moment là.

Jean Carlo Désolé Duflo Duboille Migeon
Inscriptions cultivateurs

Notes Ces trois inscriptions sont plus récentes, début du 20ème siècle, on suppose que ce sont des cultivateurs. Il y a deux périodes : 1907 et 1943.

Constant Cuvelier
Constant Cuvelier
Auguste Hayez Auguste Hayez Hayez
Auguste Hayez
Louis Blehaut Louis Blehaut
Louis Blehaut

Notes Constant Cuvelier et Auguste Hayez sont deux grands "noms" dans le coin, ils sont champignonnistes, on a croisé pas mal de fois leurs noms dans ces souterrains !

On y trouve également César qui serait son père ou son grand-père (ils avaient le même nom). Pour Auguste il est écrit : "Auguste Hayez né à Annappes 1895" et un peu plus loin nous avons un peu plus de précisions :"Hayez Auguste né à Annappes le 2 Octobre 1895 âgé de 17 printemps fait le 9 Janvier 1913 contremaître champignonniste. La signature de Constant date de 1853 visiblement.

Plus loin Louis Blehaut a laissé sa trace également, on lit : "Louis Blehaut, Laboureur à Preux-aux-bois sur Landrecies, Nord 1895"

Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Par endroits il n'y a aucun repère, aucun signe, c'est brut, on a vite fait de tourner en rond ou de se perdre si on a pas un peu d'expérience. L'exploitation est anarchique sans presque aucune catiches, uniquement en piliers tournés et hagues. Notez particulièrement sur la dernière photo le niveau de remblais au sol qui montre la véritable hauteur des piliers.

Chevrons Chevrons Chevrons Chevrons
Chevrons

Notes Voici les premiers chevrons, il s'agit de balises installées pour les "parcours de visites". Il y en a de plusieurs sortes, des carrés, des ronds et des doubles demies arches (certains diront rapidement, "des slips", c'est plus parlant) les chevrons sont numérotés et indiquent une direction. Pour les cultivateurs les zones étaient délimitées par des numéros peints en noirs.

Sortie de secours
Sortie de secours
Ancienne sortie ?
Ancienne sortie ?
Sculptures Sculptures
Sculptures
STO
STO

Notes Nous retrouvons un flèchage "Sortie de secours" qui nous mène à une entrée bouchée. Mais nous trouvons pas loin ces sculptures en bas relief et ce dessin où il est écrit : "Moulard Gaston classe 40 réfractaire du STO, 1944.

Remblais noirs
Remblais noirs
Croix 1944
Croix 1944
Quentin F
Quentin F
Catiche
Catiche
Bunker
Bunker

Notes Finalement cela nous mène au fond, près de la SNCF. Ces remblais noirs servent pour soutenir la ligne au dessus. D'ici on entend assez bien les trains quand ils passent d'ailleurs. On débouche sur un ancien bunker qui a servi pour le personnel de la SNCF. On pouvait y descendre depuis la surface en cas de bombardements. Le bunker donnait dans une poche de catiches, un peu isolé du reste de la carrière. C'est le passage assez étroit qui nous fait dire cela. Il n'est donc pas étonnant de trouver pas mal de signatures datant de cette époque comme ce Quentin qui a carrément sculpté son nom en 1944 mais aussi un peu plus loin cette croix gammée qui prouve qu'il n'y a pas eu que des réfugiés par ici.

Vue générale Inscriptions Puy Inscriptions Puy Inscriptions Puy Inscriptions Puy
Inscriptions Puy
Constant Cuvelier Souvenir des guerres de 1910 René Poirier Bailleul J.Carvez
Inscriptions

Notes Ce mur découvert par pur hasard est sans nul doute notre plus belle découverte car il s'agit du témoignage de Monsieur Puy qui s'est perdu dans ce souterrain pendant 3 jours. Ce récit peu connu est tout même raconté dans certains livres mais il n'est pas illustré (sommes-nous les premiers à le montrer ?) Voici un extrait :

"C'est dans ces vastes souterrains, qui n'ont pas moins de deux kilomètres carrés de développement et qui s'étendent sans discontinuité entre les villages de Lezennes et d'Hellemmes, qu'un restaurateur de Lille, le sieur Puy, s'est égaré en janvier 1848 et n'a été retrouvé que soixante douze heures après sa disparition. Cet homme fait un grand commerce de champignons qu'il cultive dans la partie des carrières la plus rapprochée du village de Lezennes. Il eut un jour l'imprudence de s'éloigner des galeries où il avait l'habitude de circuler, pour chercher de nouveaux emplacements propres à recevoir sa culture. Mais il fut bientôt désorienté, et après avoir marché longtemps il fut obligé de s'arrêter, faute de lumière. Nous fûmes chargé par le préfet d'alors, M. Desmouseaux de Givré, de diriger les recherches auxquelles on se livrait pour tâcher de découvrir le sieur Puy. On mit à notre disposition 115 hommes de la garnison, qui furent échelonnés suivant trois directions principales et qui munis chacun d'une lumière formaient autant de réverbères vivants éclairant les galeries jusqu'à une certaine distance et servant de repères aux diverses brigades de carriers et d'hommes de bonne volonté qui s'y rattachaient au moyen de ficelles. Nous n'oserions prétendre que ces dispositions déterminèrent la découverte du sieur Puy; mais elles eurent certainement pour effet de faciliter les explorations. Depuis cet événement, qui a mis en émoi toute la population, le sieur Puy à établi lui même une clôture pour isoler ses couches de champignons des espaces inconnus qui les environnent. On n'exécute d'ailleurs aucun travail d'exploitation dans ces carrières, qui sont abandonnées depuis longtemps et dont l'origine remonte à plusieurs siècles. Leur entrée devrait être fermée au moyen d'une porte dont la clef resterait entre les mains du maire de la commune, afin que personne ne pût y pénétrer sans que l'autorité n'en fut avertie."

D'autres témoignages décrivent son état à sa sortie :

Il commençait seulement à souffrir de la soif depuis quelques heures. Comme j'avais appris sa délivrance une demie heure environ avant qu'il ne fut de retour, j'avais envoyé chercher un verre de vin sucré qu'il prit avec avidité. On lui mit ensuite une couverture de laine sur le dos afin de le préserver contre le froid et il sortit sain et sauf. Aujourd'hui le sieur Puy est en parfaite santé, il nous a raconté les terribles impressions qu'il s ressenties pendant son séjour dans la carrière, tous les détails qu'ils nous a donnés sont palpitants d'intérêt.

Le romancier anglais Charles Dickens, de passage dans la région à cette époque a relaté cet événement dans un article en 1853.

A lire les différents témoignages, cette disparition a été un grand événement dans la région, c'était la première fois que cela arrivait. Le peu de personnes passant par ici par la suite, s'est laisser émouvoir en signant à leur tour. Ce mur est devenu une sorte d'hommage à Monsieur Puy. Cette histoire aurait pu bien mal finir comme celle plus connue de Philibert Aspairt, portier du Val de Grace qui s'est perdu dans les "catacombes" de Paris et qui a été retrouvé 11 ans plus tard, mort.

De nouvelles pistes trouvées par Cyrille nous apprennent qu'il s'appelait de son vrai nom Etienne Puy, comme son père, mort en 1843 soit 5 ans auparavant. Sa mère s'appelait Jeanne Dessay (84 ans et encore en vie au moment de son décès) habitait encore au domicile conjugal, à Lille. Mr Puy tenait son restaurant rue Anatole France à Lille nommé "Au Rocher de Cancale", célèbre pour ses fruits de mer. Il avait également une résidence à Lezennes. Il est décédé le 1er Aout 1864 à six heures du matin à son domicile.

Je vais essayer de détailler les signatures les plus visibles. La première est une vue générale d'un seul parement où nous pouvons déjà lire bien distinctement : "Benoit Barbieux - Pierre Dordin - Rouillon - Cesar Hayez - Rocq a Dolph a personne 1894" Le nom de Barbieux ne nous ait pas inconnu nous en avions rencontré un dans le réseau Géraldine, mais il s'agissait d'Albert. La suivante décrit l'événement brièvement :"Puy a passé 74 heures ici perdu trouvé par Delemar et sauvé 1848 ainsi que la suivante "Puy a dit qu'il aurait encore existé au moins deux jours La phrase semble incohérente faut il remplacer exister par "résister". Juste au dessus une autre signature de Cuvelier datée de 1853 et à sa droite, la véritable signature de Puy. Photo suivante : "Estelle 1908, Cesar Hayez, Pierre Joseph Derache - Alexie Ghilquin"

Au fil des années, ceux qui sont passés par ici on également laissés leurs traces.

Ligne suivante : "Avons passé ici 1848 Constant Cuvelier et Eugene Montalant pour chercher après mr Puy, les photos suivantes parlent d'un autre fait :"Souvenir des grèves de 1910, E.Vasseur Adjudant et René Poirier du 161e de signe St Mihiel - souvenir des grèves de 1910 encore "Bailleul 20 8bre 1910 cheminot et enfin J.Carvez gendarme 1910 souvenir des grèves et ??"

Il s'agit sans doute de la grève des cheminots du 12 Octobre 1910 pour l'instauration d'un salaire minimum (la grève de la thune).

Galeries Galeries Galeries Galeries Galeries
Galeries

Notes Il s'agit de quartiers bruts repris ensuite pour la culture du champignon visiblement.

Inscriptions Inscriptions
Inscriptions
Sortie La sortie est par là
Sortie

Notes Voici deux autres inscriptions complètement différentes : "Le 25 septembre 1911 explosion du cuirassée la Liberté où 400 personnes on perdu la vie et la suivante "1909 Vive Blériot le grand inventeur de l'aviation.

Enfin un message clair, précis et direct mais peu lisible qui illustre parfaitement bien ces souterrains, et là je parle au sens large en les englobant tous : "Mais où est la sortie bordel !!. C'est simple il suffit de suivre les flèches !

Lezennes

Plan de Lezennes

Pour peu que l'on connaisse les souterrains on a au moins une fois entendu parler des carrières de Lezennes, tant elles ont fait parler d'elles durant des siècles. Disons que pour beaucoup les catiches ou carrières du Nord se résume à Lezennes. Or c'est faux on a bien vu que ces exploitations se sont développées tout au sud de Lille : Hellemmes, Fâches Thumesnil, Loos, Ronchin, Seclin, Wattignies...On nomme généralement la pierre extraite de Lezennes tout naturellement "Pierre de Lezennes". En réalité, l'appellation Pierre de Lezennes est le terme donné qui s'applique à toutes les pierres extraites dans la région Lilloise. Lezennes faisant figure de précurseur. C'est une pierre tendre facile à travailler.

A Lezennes plus que dans les autres communes, la craie est faiblement située, à peine 4m parfois 2m. C'est donc peut être ce qui a poussé un début d'extraction relativement tôt. Dès le 11ème siècle, des carrières souterraines seraient ouvertes elles sont attestées au 15ème siècle. Cet essor débute donc au Moyen-âge. Un peu plus tard le roi ordonne à Vauban de construire une citadelle "imprenable" à Lille, Lezennes est alors mis à contribution avec une production de 2000 moellons de craie par jour. Les carrières sont finalement abandonnées à la fin du 19ème siècle et supplantées par la brique qui devient rapidement plus économique.

Une vue en coupe de l'exploitation permet de comprendre la richesse du sous sol :

  • Une craie blanche correspondant à la zone de "catiche" qui sert pour la production de pierre à chaux. Cette zone est divisée en un banc de 8m de craie blanche et d'un second banc de craie blanche avec grains de glauconie (pierre de taille de 2e banc).
  • Une craie grise avec grains de glauconie (pierre de taille de 1er banc) correspondant à la zone en "piliers tournés" qui sert comme pierre à bâtir.

Sous-jacents à ces deux bancs se trouve un premier banc de tun (une craie conglomérée de 50cm) qui marque le passage à la craie Turonienne.

Aux environs de Lille la partie supérieure du Turonien est formée également de craie dure que l'on nomme tun. Le tun peut constituer un banc compact; mais le plus souvent il est à l'état de conglomérat formé de nodules de craie dure phosphatée et glauconieuse. Leur surface est couverte d'un enduit brun de phosphate de chaux ou d'un enduit vert de glauconie. Dans beaucoup de nodules, la partie extérieure est plus riche en phosphate de chaux et en glauconie que les parties les plus profondes. Ces deux minéraux ont du se former par imbibition pendant que le nodule était ballotté par les vagues. Tous ces faits démontrent l'existence de courants à faible profondeur dans le bassin ou se déposait la craie turonienne supérieure.

Lezennes est donc exploitée en catiches et piliers tournés. Les catiches ici n'ont pas la forme d'une bouteille mais sont tronconiques. Et à ce propos on nomme souvent les catiches de Lezennes mais elles ne sont pas si représentatives de la région, une exploitation en tout catiches est selon moi bien plus impressionnante comme à Fâches. Pour ce qui est des piliers ils sont larges (entre 2m et 4m) et de formes irrégulières. Un grand nombre de diaclases a donné des faces très lisses à certains piliers mais aussi dans certaines catiches.

On a d'abord extrait la pierre au plus près des chantiers, on pense que l'extraction a débuté au centre du village, puis au fur et à mesure l'extraction s'est déplacée, vers le Sud-Est puis une reprise vers le Nord qui peuvent correspondre aux derniers travaux (vers Hellemmes). Ceci est une interprétation.

Cet espace représente un énorme vide de plus ou moins 70 hectares, sur plan comme en souterrain c'est d'une grande complexité. Il n'y a pas de galeries principales, il n'y a pas de repères, il n'y a pas de "chemins" qui soient droits, rien n'est ordonné. Après avoir passé une dizaine de piliers on se sent déjà perdu. Ce sentiment est d'autant plus fort que les galeries sont basses et n'excèdent pas, par endroits, le mètre voire moins. Il faut parfois ramper, dans des zones peu agréables. Lezennes est un véritable dédale, une folie aujourd'hui. Non, Lezennes n'est pas accueillante ! Lezennes appartient à une autre époque tout simplement.

Etant donné que le village s'est développé directement au dessus de la carrière, au fil des années et des conflits, chacun s'est retrouvé avec au fond de sa cave un "accès" privilégié vers ces carrières. Ces accès ont notamment servi pour les réfugiés. Mais ils existaient également de véritables accès pour les carriers à partir d'escaliers, de plans inclinés ou d'autres puits dans tout le village. Avec ce grand nombre d'accès, je le répète, qui n'a donc jamais entendu parler des "perdus de Lezennes", ces nouvelles dont raffolent la Voix du Nord a véritablement fait connaître Lezennes au grand public.

Outre sa superficie, c'est son état qui semble plus préoccupant aujourd'hui. La carrière sous mine effectivement 90% du village actuel. Le faible recouvrement est réellement inquiétant. D'en bas il n'est pas rare d'entendre les gens au dessus, vous les entendez marcher et même parler par exemple. Si les catiches étaient suffisantes pour supporter la charrue et le cheval elles le sont moins aujourd'hui pour les maisons qui se sont construites. Ce n'est pas un problème nouveau. Un autre souci est d'ordre sanitaire, il s'agit de l'évacuation des eaux. Lezennes étant un village ancien, resté rural, bon nombre d'habitations n'ont pas le tout à l'égout, mais disons plutôt le "tout à la carrière", ce qui signifie que ces eaux usées sont rejetées, ici en carrière. Ces rejets sauvages sont une plaie d'autant qu'ils attirent les rats mais aussi dénaturent l'aspect de la carrière et peuvent endommagés les piliers à terme.

Lezennes représente pour moi un livre ouvert sur le passé, il s'agit là d'un fantastique témoignage patrimonial car ses carrières ont marquées l'histoire de tout temps, ces murs sont de véritables archives, toutes les personnes qui sont venues ici ont signés, racontés un événement, c'est une part d'histoire. Ce patrimoine généalogique est inestimable car c'est vivant et toujours existant. Il y a une grande force qui s'en dégage, l'impression de traverser un livre ouvert, chaque signature nous en apprend davantage sur une personne, une famille, l'importance de laisser une trace, de se faire connaître en écrivant son nom, de le dater et d'indiquer sa profession ou son lieu de naissance. Il y a un grand choix d'événements, l'impression de découvrir de nouvelles histoires ou d'événements qui ont marqué la population notamment en période de conflits. A celui qui a écrit le premier, il n'en faut pas moins pour que le second y réponde. Tous ces détails nous permettent surtout aujourd'hui de mieux comprendre la vie autrefois et d'en parler ici. De part leur longévité elles ont accueilli une population qui a traversé les âges, parfois de génération en génération : les carriers, les cultivateurs, les réfugiés, les visiteurs, les chercheurs, les techniciens. J'espère pouvoir rendre hommage avec ces photos, au monde à part qui est celui de Lezennes

Salle du cheval Salle du cheval Salle du cheval Salle du cheval
Salle du cheval

Notes Parmi tous les visiteurs qui sont passés à Lezennes il en résulte (un peu comme à Paris) quelques salles aménagées.

Salle du serpent
Salle du serpent
Salle de Jeff
Salle de Jeff
Salle de la sorcière Jour Salle de la sorcière Nuit
Salle de la sorcière

Notes Parmi tous ces squats nous avons notre préférence pour celui-ci qui est plus joli de nuit !

Pendant un temps il y avait aussi une salle de cinéma.

Chef indien
Chef indien
Roussel
Roussel
Scalier Chatelet Chatelet
Chatelet
G.Weise
G.Weise

Notes "Scalier Chatel" est l'ancien escalier du Chatelet. Dans cette zone, pleins de noms font référence à des lieux de Paris. Cet escalier est bouché aujourd'hui.

Puits Puits Puits
Puits
Escalier Cave
Cave

Notes On a accédé à la carrière de différentes manières, par des puits, des escaliers, des plans inclinés, depuis des caves, du sol, des maisons, des bâtiments isolés...

Cet escalier remonte directement dans une cave entièrement voûtée.

Escalier
Escalier
Escalier Escalier Escalier
Escalier

Notes Le premier escalier est celui de l'ancienne mairie. Il s'agit de l'accès dédié à la visite pendant les journées du patrimoine.

Le suivant est sans doute l'un des plus beaux dans son genre puisqu'il s'agit d'un escalier en colimaçon tout en fer forgé, rien que ca ! Cela témoigne de la richesse des occupants à cette époque.

Escalier Porte
Escalier
Escalier Porte
Escalier

Notes Le premier est parfaitement localisé, le suivant beaucoup moins. Sans doute en centre ville.

Ducatillon
Ducatillon
Louis Leroux
Louis Leroux
Constant Cuvelier Constant Cuvelier
Constant Cuvelier
Auguste Hayez
Auguste Hayez

Notes C'est reparti pour une flopée de signatures. Voici : "Stanislas Ducatillon fait 1899", "Louis Leroux, 1899". Nous retrouvons quelques noms connus, notre champignonniste "Lezennes Constant Cuvelier" et "Constant Cuvelier né le 10 mars 1822 à Meurchin Département du Pas de Calais".

Constant s'appelle, Constant Joseph Cuvelier né le 10 mars 1822 à Meurchin , canton de Lens (Pas de Calais), son père est Louis Joseph Cuvelier né en 1794 et sa mère Hiacinthe Hocq. Le 16 Avril 1849, il se marie à 27 ans avec Marie Louise Floride Dupont âgée de 24 ans (née le 15 mai 1824), couturière. Lors de ce mariage il est noté que Mr Etienne Puy est présent ! Ils ont une fille, Marie, née le 27 Juin 1848 avant leur union.

Enfin "Hayez Auguste, né à Annappes le deux octobre de l'an mil huit cent quatre vingt treize, fait le 5 Novembre 1913 - Lezennes". Et en dessous devenue illisible une autre inscription de Fernand Dumoulin.

Fernand Dumoulin Fernand Dumoulin Dessin
Fernand Dumoulin
Zoé Dumoulin
Zoé Dumoulin
Hoyaux Arthur
Hoyaux Arthur

Notes Dans ceux qui citent leur âge nous trouvons : "Fernand Dumoulin âgé de 17 ans, Fernand Cuvelier âgé de 18 ans"

Un peu plus loin l'inscription est définitivement confirmée : "Fernand Dumoulin âgé de 19 ans 1904 - Fernand Cuvelier âgé de 19 ans 1904, né ans 1885"

Ces deux là ont toujours traîné ensemble on retrouve un cartouche, les représentant, malheureusement abîmé, la date est illisible également, on arrive à lire "Ce ??? était fait par Dumoulin Fernand et Cuvelier Fernand". Étaient ils carrier comme le suppose le dessin ? Auguste Hayez ne s'est pas gêné pour signer par dessus "Hayez Auguste, classe 1915 fait le 14-9-14"

Encore une Dumoulin (Attention c'est une grande famille), il s'agit de Zoé, elle est mariée avec Fernand Cuvelier qui était barbeux. A côté se trouve l'inscription "Dumoulin Augustine, 15 ans Lezennes 1892 - Dotier (Potier ?) Robert âgé de 15 ans" Sous la ligne, le prénom m'échappe puis "âgée de 14 ans". Encore en dessous "Boorte Laure âgée de 20 ans 1905 - Daniel ??? âgé de 13 ans 1906" et de nouveau Fernand Cuvelier.

Près de l'escalier en colimaçon on trouve également ce petit "Hoyaux Arthur âgé de 3 ans, 1911" et à côté les signatures de "Père Arthur Hoyaux, fils Arthur Hoyaux, Mère Berthe Delmar, Elisabeth Delmar, Rosalie Morel, fait le ??? 1913". Après des recherches Arthur Hoyaux est né le 09 décembre 1908 à Lezennes, il est décédé à 61 ans en 1970, il était chaudronnier pour la SNCF comme son père. Son père était Arthur Hoyaux né le 15 février 1883 et sa mère Berthe Anne Delemarre née le 7 novembre 1888. Marie Morel, soeur de Berthe a eue plusieurs enfants dont Elisabeth Delemarre née le 06 septembre 1902 et Rosalie née le 23 septembre 1885. C'est une famille assez conséquente.

Lac Bleu
Lac Bleu

Notes Un exploitant a essayé de creuser plus en profondeur afin d'extraire le phosphate de chaux mais cette tentative a été infructueuse. Là où la nappe affleure, c'est ce qui a donné naissance au fameux "Lac Bleu". C'est le phosphate qui donne cette couleur. Mais en réalité il est plutôt de couleur vert-bleu. En certaines périodes ce lac peut être sec.

Le voici dans toute sa longueur, remarquez la hauteur de remblais de sol. C'est une vue intéressante qui montre également le passage du Sénonien au Turonien.

Autel des scouts
Autel des scouts
Himel
Himel
Autel des réfugiés Autel des réfugiés
Autel des réfugiés
Leturcq
Leturcq

Notes Le premier autel est celui destiné aux réfugiés mais il semble avoir été repris par les scouts plus tard. Michel Lefebvre se souvient y être allé dans les années 1953-1955 guidé par l'aumônier, le Père Gros. Le lieu est très sympa surmonté par la hauteur d'une catiche.

Un peu à côté se trouve ce dessin assez bien détaillé d'un soldat visiblement allemand puisqu'il porte la croix de fer et semble assez en colère. On transcrit à côté "Von M Himel"

Ce second autel est celui des réfugiés, une statuette est posée et à côté se trouve l'inscription "N. de Lourdes P.P.N Oct 1914" (P.P.N : Priez Pour Nous), en face la liste des familles venues se réfugier à cette même période.

Lefebvre Lefebvre Lefebvre
Lefebvre
Puits Lefebvre Puits Lefebvre
Accès des Lefebvre
Exploration
Exploration

Notes Sur cette dernière inscription il est écrit : "En 1914 année de la guerre, Pierre et Etienne Lefebvre vinrent explorer ces souterrains. La famille Lefebvre est une famille importante, peut être la plus grande, on retrouve un grand nombre d'inscriptions dans ce secteur. Les inscriptions sont d'ailleurs monumentales et bien écrites. Cette double inscription est magnifique, soignée et en très bon état malgré les années. Il s'agit de la plus grande qui existe. Ce n'est pas anodin, à l'époque la famille exploitait la ferme où se trouve aujourd'hui la nouvelle mairie. Ils rentraient dans les catiches via un plan incliné qui n'existe plus aujourd'hui, mais assez large pour laisser passer le bétail, décrypte Marc Godefroy. Pendant la guerre, même les vaches se « planquaient » sous terre ! Jusque dans les années 1990, les Lezennois pouvaient visiter les carrières grâce à M. Lefebvre, qui les ouvrait pour la kermesse"..

Hagues 1843 Lits Rigole
Secteur ancien
Siège de Lille Guislain
Inscriptions

Notes Nous revenons vers l'ancienne mairie, où se trouve le circuit de visite. Les quartiers sont anciens et bas, le sol est creusé dans les remblais, les galeries sont majoritairement comblées avec des hagues, il n'y a presque aucune catiche ici. Une d'entre elle est tout de même mise en valeur dans le circuit de visite. Ce n'est pas bien loin de l'église (qui n'est pas sous minée), mais la carrière se développe plutôt de l'autre côté. Un peu à part il reste des vestiges de lits, et vraiment caché il reste d'autres inscriptions telles que "Siège de Lille, Mai 1940, Picavez L". Il s'agit peut être de Charles Louis Picavez, un hommage lui est rendu sur une pierre tombale en extérieur le concernant. Ancien adjoint au maire, il est arrêté par la Gestapo et déporté en Allemagne où il mourut dans un camp.

La dernière est un peu plus dure à déchiffrer, le premier nom est "Wardavoir", il s'agit en fait de Stanislas Wardavoir (1772-1860), qui est comme c'est écrit sur la paroi, le maire à cette époque. La suite est " Guislain Achille" et plus bas 1925. Même si il y a écrit 1935, cela semble détaché. Achille est décédé le 16 août 1914.

Galeries Galeries Galeries
Galeries
Galeries Galeries Galeries
Galeries

Notes Voici des galeries dans l'univers de Lezennes, il est plutôt rare de disposer de suffisamment de place pour montrer une galerie dans toute sa longueur ou un ensemble de piliers plus ou moins droits. Les champignonnistes qui se sont installés par la suite ont refait des chemins de circulation, quand il restait encore de la pierre. Notez sur la dernière les traces de passages qui ont surcreusé le sol.

Voici trois autres galeries près d'un secteur fortement remblayé avec du gravier de Tournai. C'est espèce de boue bleue et rose au sol est en fait ce que nous appelons "la mer de porcelaine", il s'agit des déchets de lavage issus de l'ancienne fabrique de porcelaine située au dessus et qui s'est solidifié avec le temps. Aujourd'hui c'est Porcelanosa. Déjà que c'était bas, avec cette boue particulièrement collante c'est pire !

Puits Etais Etais
Etais

Notes Nous longeons les limites de la carrière, c'est simple tout est remblayé. En cause, la route au dessus ou alors de nouvelles constructions. Près d'un puits fait à l'occasion du remblaiement, il reste pourtant un chemin, mais il faut avoir du courage, car c'est bas, nous rampons et arrivons sur une étrange consolidation. Il s'agit d'étais métalliques.

Kuffel Bivert
Bivert
Catiche
Catiche

Notes Les signatures des deux chefs du SDICS : Etienne Kuffel, qui a un peu d'humour et B.B que l'on pense être Bernard Bivert, signe en bas d'un dessin de catiche.

En parlant de catiche voici sans doute la plus grosse de la carrière ! C'est très large et on voit très bien le travail méticuleux du carrier quand à la position de chaque bloc.

Lezennes
Lezennes

Notes Cette photo est un clin d'oeil à la couverture du livre sur Lezennes : Voyage au coeur de Lezennes : Chroniques des carrières souterraines

Inscriptions Inscriptions Inscriptions
Inscriptions
Inscriptions Inscriptions
Inscriptions

Notes Des inscriptions en vrac qui ne nous parlent pas du tout, on lit sur la première les noms de "Henri Bauden 1874", "Maurice né en Bourgogne, 1803", "Evrard 1892", "Delisle" et d'autres prénoms datés de 1836.

Les suivantes : "H.De.Creus - L.Sannier 26.8.1879" et "A.Grattard - Motte 26.8.1879".

Inscriptions
Inscriptions
Inscriptions Inscriptions
Inscriptions

Notes Voici les inscriptions les plus vieilles et les plus dures à trouver !

La première inscription est la plus ancienne, elle date du 15ème ou tout début 16ème siècle. On lit : "Je pren congiez à la coirir pour le gran peur que j'ay eu dedens. J'y ay cru d'en morir". Edifiant !

La seconde s'étend sur 1,7m et 40 cm de hauteur. Elle n'est plus vraiment lisible car elle est écrite à la mine de graphite. L'endroit où elle se trouve est très bas, et relativement hostile. Il faut ramper disons le franchement dans "de la merde", un rejet tout proche est encore actif. Nous ne nous attendions pas à la trouver ici, mais il a fallu y aller. Il s'agit d'une inscription sur plusieurs lignes où préfigure en tête une fleur de lys, qui est le symbole royal. Elle est datée du 18 juin 1815, c'est à dire le jour de la bataille de Waterloo. Faut il y voir là une coïncidence ou a t'elle été faites après ? Nous n'en savons rien ! L'inscription indique "Vive le roi. Le 18 Juin 1815. Agée de 33 ans, âgée de 22 ans, âgée de 29 ans, âgée de 25 ans, Jean Baptiste Deflandre, Pierre Joseph Perus, Ciril Beghin, François Steclebout avoir servi 8 ans, avoir servi 6 mois, avoir servi 2 mois, avoir servi 3 mois"

Dessins de catiches
Dessins de catiches
Contreras
Contreras
Depino
Depino

Notes Nous changeons radicalement de coin, nous voici dans le secteur que nous dénommons "trompe de fallope" (en rapport à la forme que prend la galerie) il s'agit d'un secteur à l'écart à l'Ouest qui servit pour les réfugiés. Les premiers noms rencontrés ne nous disent rien.

Escalier
Escalier
Galerie des amoureux Les amoureux
Galerie des amoureux
Hitler
Hitler
Le banc des amoureux Le banc des amoureux Le banc des amoureux
Le banc des amoureux
Urinoir Défense d'uriner
Urinoir

Notes Du temps des réfugiés il ne reste rien excepté ce banc et quelques inscriptions qui trahissent l'utilité du lieu. Ce secteur dit des amoureux est en rapport avec l'inscription en forme de coeur laissée au fond de la galerie.

Louis Levas Andre Kastelny Le banc des amoureux Le banc des amoureux Le banc des amoureux
Inscriptions

Notes Encore une série de signatures, en vrac : Notre désormais connu "Louis Levas carrier à Lezennes 1895", "Andre Kastelny, 1943", "Dennetiere Josephine, 19 ans", "Brienne Celina 1882 Lezennes" et puis une flopée d'autres sur tout un parement : "Marcel et Gustave Vauban 1899, Paul Brienne, Berthe Delatre et son chéri, Désiré Delvalle, Liagre 1883" Remarquez le dessin à gauche de "Marcel et Gustave" d'un fumeur à pipe avec une casquette. Notez le chiffre "311" à la sanguine au centre, sans doute lié à la culture du champignon, nous avions vu de tels chiffres mais plus élevées au réseau Puy.

Puits
Puits
Parc à barbe
Parc à barbe

Notes Près d'une ancienne entrée, se trouve les vestiges d'un parc à barbe.

Convergencemètre Convergencemètre Convergencemètre Convergencemètre Convergencemètre
Convergencemètre

Notes Située sous l'école, sans que ca ne soit en mauvais l'état, le secteur est entièrement surveillé par des cannes de convergence.

Fissures
Fissures
Inscriptions Inscriptions Inscriptions
Inscriptions

Notes Des inscriptions (encore !) : "Désiré Hoyaux, né en 1888" et "Henri Leturcq 1889" (Vu près des monuments des Lefebvre) puis "Mangez.D dessendu au bombardement du 4 octobre 1914" sur une autre inscription toute proche il aurait 13 ans et demi. Enfin le dernier : "L.Beghin" "Sauvage 1918 1er J". L'inscription semble ne pas être terminée.

Désiré Joseph Hoyaux est né le 14 décembre 1888 à Lezennes il était fondeur en fer. Son père portait le même nom (comme dans toute la lignée ou presque d'ailleurs !)

Vendeville

La craie (Senonien) se situe à peine 5m sous terre à cet endroit mais la carrière est exploitée vers les 15m. Il s'agit à priori de deux exploitations reliées ou du moins une seule mais dont les quartiers ont été exploités à des époques différentes. Il se trouve une partie très ancienne de la fin du 18ème siècle et une seconde plus récente mais non datée avec précision (sans doute milieu du 19ème siècle). Seul l'aspect des galeries semble différent.

Nous remercions son propriétaire pour nous avoir permis cette visite et de nous avoir accompagner !

Puits Puits
Puits
La grande salle
La grande salle
Dessins
Dessins

Notes Ces dessins sont très récents et datent de visiteurs passés dans la carrière en 1991.

Catiches Catiches Catiches
Catiches
Galerie Galerie Galerie
Galerie

Notes Voici un aspect global de cette carrière, il s'agit d'une exploitation en piliers tournés et hagues contenant également quelques catiches mais très peu. Les galeries sont parsemées de blocs, l'ensemble est irrégulier et difficile de circulation. On a l'impression que l'extraction s'est arrêtée d'un coup.

Catiches
Hague
Abri
Abri
Mur des réfugiés Avion
Mur des réfugiés
Glorieus Glorieus
Glorieus

Notes La seule inscription faites à la flamme : Glorieus. Il s'agit de Charles faites en 1944 venu se réfugier dans la carrière, comme le mot "abri" ne laisse aucun doute sur l'occupation du lieu. Presque 60 ans plus tard, Cyrille, son petit fils laisse à son tour son témoignage sur la pierre.

Plus loin c'est un mur entier qui attire notre attention, il s'agit d'un mur entièrement couvert de dessins de cette époque. On y voit un avion qui largue une bombe et à côté "A mon amour Odette". Il s'agit d'Odette Brackenier. Plus loin les signatures de Louis Dechand et Tousain Dechain, Jacques Nahant toutes datées de 1944. Au centre un énorme avion portant l'insigne allemand se fait bombarder. Et juste à côté entouré dans un losange on peut lire "Ici Vendeville"

Inscription Inscription Inscription Inscription
Inscription

Notes Bien caché quelques inscriptions témoignent encore et nous aide à dater la carrière : Eloy Bigotte 1790, Jean ? Cordonnier 1776. La première nous indique que "Ce 3 7bre 1776 pluie tou la journée" et la seconde que ce rocher est une "Bonne bierre (pierre ?)"

Wattignies

Il s'agit d'une carrière très petite et complètement isolée exploitée en tout catiches. Visiblement l'extraction s'est arrêtée brutalement car il y avait largement encore de quoi extraire. Il semble que par la suite elle fût reprise pour la culture de la barbe ? C'est très difficile de juger, il ne reste absolument rien.

Les catiches sont ici très évasées et peu hautes, moins de 10m. Par contre le banc de craie atteint quasiment la surface, il n'y a presque pas de recouvrement. En surface rien ne présage cette cavité.

Catiches Catiches Catiches
Catiches
Puits Puits
Puits

Saint-Saulve

Les carrières existantes à Saint-Saulve, sont toutes situées dans le prolongement de Valenciennes à Estreux et ont exploitées la craie blanche du Sénonien. Il s'agit de la carrière Pouille, de l'Observatoire et d'une troisième sans nom. On ne connaît que très peu de choses sur ces carrières. La carrière Pouille aurait fonctionnée dés le milieu du 19ème siècle et jusqu'en 1962, pour l'alimentation de fours à chaux. Celle de l'Observatoire de taille plus petite n'est plus accessible et partiellement comblée quand à la troisième il n'en existe plus rien du tout.

Le seul vestige important est le chevalement de la carrière Pouille, dénommé puits du Rôleur. On ne sait rien sur la nécessité de construction d'un tel chevalement ici, au vu des volumes extraits. La carrière est exploitée en piliers tournés contrairement à celle de l'Observatoire qui fût en galeries filantes assez hautes. Sur les dernières années les galeries sont exploitées sur deux niveaux superposées.

Puits du Rôleur Puits du Rôleur Puits du Rôleur Puits du Rôleur Puits du Rôleur
Puits du Rôleur

Notes Le puits est entièrement fait de briques. Il est surmonté par une plate-forme bétonnée où repose les montants métalliques des deux molettes ainsi que le guidage. Cette plate-forme rectangulaire dépassant du puits est également soutenu par des piliers de béton.

Au vu de la hauteur du puits on se demande encore comment pouvait être extrait la craie ? Comment les carriers y descendaient-ils ? Et surtout comment le puits pouvait-il fonctionner ? Il ne reste plus aucune autre installation aux alentours ni trace de treuil ou de bâtiment d'extraction.

Hordain

Les carrières d'Hordain figurent comme étant les plus importantes et sans doute les plus vieilles de la région avec celles d'Avesnes-Le-Sec. Pourtant a y regarder de plus près, elles sont inconnues, alors qu'elles ont fournies une grande quantité de pierres. La pierre est une craie chloritée, fine, blanche et éclatante issue du Sénonien, d'où elles tirent son nom : "Pierre d'Hordain" reconnue comme pierre à bâtir. Elle est beaucoup moins gélive que la craie pure et qui présente aussi une plus grande résistance. Ces avantages sont dus sans doute à la présence du sable qui sert de liaison à la pâte calcaire. La pierre d'Hordain coûte 16 fr. le mètre cube sur place, et 40 fr. rendue à Lille. C'est le double de ce que coûte la pierre de même nature, quoique de moins bonne qualité, qu'on extrait à Annappes. Comparativement, la pierre d'Avesnes est de meilleure qualité.

Du grand centre d'extraction, aujourd'hui ces carrières sont morcelées et à moitié remblayées. Les galeries sont comprises entre 1,5 et 3m de largeur avec des rangées de piliers de 2,5m de hauteur. Les sections de piliers sont nombreuses et espacées de 2m d'où un taux de défruitement assez élevé.

Le réseau est ancien, compliqué et surtout bas, voire très bas par endroits à cause du remblai. Peu d'indications ou de traces sont laissées, quelques bribes de chiffres écrites ici et là au crayon qu'il est aujourd'hui difficile de transcrire ou de comprendre. Il s'agit tout de même de grille de comptage de blocs et parfois de grilles de salaires associées.

Réseau 8

Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés
Hague Hague Hague
Hague
Comptage de blocs Comptage de blocs Comptage de blocs Comptage de blocs
Comptage de blocs
FO
FO

Notes On trouve quelques grilles de comptage de blocs, avec en face de chaque noms une ou plusieurs barres. On arrive à lire JB.Tison, J.Tison, A.Laine. La suivante est plus dure à déchiffrer, on lit "Bouquai" au centre et en bas "pierre". La troisième est franchement illisible il semble qu'il n'y avait que des chiffres. Enfin la dernière se trouve tout près de l'entrée, on lit "Louis" et plus bas "Tison"

Cette dernière inscription est sans doute la plus intéressante, elle est assez dure à trouver, puisque nous sommes passés devant une première fois sans la voir. Elle indique une date : 1735 et en dessous 1734. Les traits sont reliés par des points faits précédemment.

Lampe à huile
Lampe à huile
Puits Puits
Puits

Notes Près du puits, la carrière est coupée en deux par une injection où se trouve la route en surface.

Peinturage Peinturage Peinturage Peinturage
Peinturage

Notes Cette technique consiste à peindre toute la zone que l'on souhaite contrôler. Si un bloc se détache il est immédiatement visible car il laisse son empreinte blanche au ciel. Cette technique semble plutôt répandue dans la région. Une seconde façon est d'étendre des bâches plastiques au sol (plastiquer) et de compter le nombre de blocs tombés, en les colorant au fur et à mesure (Voir Marly).

Réseau 9

Zone contrôlée Zone contrôlée Zone contrôlée Zone contrôlée Zone contrôlée
Zone contrôlée

Notes Il semble que pendant un temps cette zone fût fortement surveillée. Tout est à l'abandon aujourd'hui. Notez que la surveillance a été effectuée après les travaux d'injection.

Convergencemètre Extensomètre Extensomètre
Convergencemètre - Extensomètre

Notes On utilise des convergencemètre et extensomètre pour mesurer les déformations (voir Estreux). L'injection venant d'à côté a coulé un peu partout...

Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés
Comptage
Comptage
Galerie d'entrée Galerie d'entrée
Galerie d'entrée

Notes On retrouve nos piliers tournés classique, cette partie est bien plus haute que l'autre réseau. Malgré le nombre de piliers, certains ne comptent pas vraiment pour un ! Ils sont très fins, c'est limite ! C'est d'ailleurs sans doute pour cela qu'il y a eu ces mesures, la portance des piliers et leurs hauteurs semblaient très critique comparé au défruitement de cette chambre.

L'entrée est extrêmement basse due à l'injection, il faut marcher dans cette "rigole" où l'on débouche sur ce ciel très fissuré. On remarque bien ici les blocs qui se sont détachés au ciel.

Réseau13

Ce réseau en particulier est bien connu de nous, mais c'est sa difficulté qui nous a longtemps retardé. Nous avons mis longtemps avant de nous y rendre mais pour le coup nous avons soigné notre travail photographique avec Vincent en changeant un peu notre éclairage, par rapport aux photos précédentes.

Puits Piliers et hagues Hague effondrée Comptage
Quartier

Notes La carrière bien que très classique dans le paysage d'Hordain, est difficile d'accès, car il faut sans cesse ramper dans des galeries tortueuses et basses. Le passage d'un quartier à un autre est donc très difficile. On a l'impression qu'il y avait plusieurs puits d'accès, que les carriers ont exploités tout autour, puis rebouchés avec des hagues et refait ce type de situation à côté.

Piliers tournés Piliers et hagues Piliers et hagues Hague effondrée Comptage
Hordain

Notes Voici peut être le seul coin où les galeries sont à peu près bien dégagées.

Ce paysage soigné et rangé (quand c'est le cas) de hagues et de piliers tournés est toujours aussi beau. C'est une constante à Hordain.

Bien que les tables de comptage soient pour la plupart incompréhensibles, celles-ci sont nominatives.

Galerie ogivale Comptage Comptage Galerie Quartier
Hordain

Notes Bien que les photos soient un peu jaunes, la pierre est complètement blanche, voire un peu grise.

En plus que certains quartiers soient difficiles d'accès, c'est aussi assez grand et donc paumatoire. S'engager dans un départ de galerie peut malheureusement mener à rien et cela peut être très fatiguant.

Comptage Chiffrage Comptage Comptage Comptage Comptage Comptage
Tables

Notes Il n'y à presque rien à lire, c'est vierge ou presque d'écritures, il faut bien regarder pour trouver quelques tables de comptage, mais certaines sont plus intéressantes que d'autres.

Hague Barre à mine Auge à huile ? Piliers Piliers Hagues
Tables

Notes Au plus loin avant que ca ne soit trop compliqué ou complètement effondré, il reste même des outils.

Observez ce pilier, c'est le plus fin de toute la carrière !

Estreux

Au même titre qu'Hordain, les carrières d'Estreux sont fortement semblables, mis à part qu'elles sont un peu plus récentes. Le réseau n'y est pas mieux ordonné il s'agit d'une exploitation en piliers tournés de sections plus conventionnels (entre 2m et 4m) c'est à dire plus droits, et aussi un peu plus larges (entre 2m et 3m), une certaine "rigueur" en ressortirait presque ainsi qu'une clarté de cheminement, si je puis dire. Le reste est fait de hagues et bourrages. En gros c'est plus moderne et surtout moins bas !

La craie est située entre -16m (Sénonien) et -20m (Turonien). C'est celle du Turonien qui a été extraite. C'est une craie glauconieuse, grise-verte et tendre. Elle a servie comme pierre à bâtir.

Le souterrain est méconnu, vide de toute inscription, c'est propre et sauvage, laissé en l'état comme à l'époque. On estime la fin d'exploitation au 19ème siècle mais l'extraction est sans doute effective au 18ème siècle.

Aujourd'hui la carrière est coupée en deux : une route passe au dessus.

Sources : Ineris

Réseau Ouest

Sondages
Sondages
Extensomètre Extensomètre Extensomètre Extensomètre
Extensomètre

Notes Depuis 2004 la carrière est surveillée par l'Ineris qui étudie l'influence de l'eau et de l'impact du vieillissement de la craie.

Un extensomètre est un appareil qui permet de mesurer les déformations de la roche (l'extension du pilier)

Piliers Piliers
Piliers
Convergencemètre Convergencemètre
Convergencemètre
Piézomètre et Convergencemètre
Piézomètre et Convergencemètre

Notes Voici une vue générale de la zone étudiée, elle est clairement explicite et surlignée au niveau des fissures. Il n'y a qu'un seul pilier qui est mesuré à l'aide d'un extensomètre des capteurs de température et un capteur de pression.

Le convergencemètre ou station de convergence est un appareil qui permet de mesurer le tassement du ciel mais aussi de déterminer dans quel axe. La pression exercée est enregistrée par un boîtier électronique puis transmise automatiquement. Une ancienne étude menée à côté montre encore un ancien convergencemètre, c'est un modèle différent, le manomètre indique directement la pression qu'il fallait reporter. Celui-ci était ensaché afin de le protéger de l'humidité.

Le piézomètre (le tuyau noir) permet quand à lui de mesurer le niveau d'eau.

Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés
Traces de pic
Traces de pic

Notes Les piliers sont globalement droits et disposés presque en alignement.

Hague Hague Hague
Hague
Pilier à bras
Pilier à bras
Galerie inondée
Galerie inondée
Galerie remblayée
Galerie remblayée
Puits
Puits

Notes Selon l'Ineris la carrière est partiellement inondée tous les 8 ans pendant 1 à 5 ans, sauf depuis le début de l'instrumentation ! La nappe phréatique est située 3m plus bas, mais lors de fortes pluies celle-ci remonte provoquant une inondation.

En 4 ans le résultat de l'étude a prouvé que "pour le moment" l'eau n'a pas eu d'effet sur la roche, la mesure du convergencemètre à montrer une progression linéaire dans le temps chaque année, c'est à dire une petite dégradation constante. Ceci est inévitablement lié au vieillissement de la roche et à son fluage. D'autre part la température ainsi que la pression diminue de la surface du pilier jusqu'au centre. Cela montre que celui-ci est plus fragile à l'extérieur et qu'il montre des signes de faiblesse comme par exemple une tendance à l'écaillement.

Les secteurs remblayés correspondent à la section qui coupe aujourd'hui la carrière en deux. Elle est remblayée avec du gravier. Observez le niveau d'eau qui peut monter assez haut !

Réseau Est

Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Il s'agit de la seconde partie.

Le style est toujours le même, mais les quartiers semblent en plus mauvais état. Il semble en fait que le ciel ait été surexploité par endroits. Notez la fissuration qui traverse entièrement tous les piliers sur la dernière photo. Au même endroit on observe les traces de lampes à huile qui ont marquées le ciel de leurs fumées.

Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés
Pilier fissuré
Pilier fissuré
Hague
Hague

Notes Les alignements de galeries sont difficiles à trouver dans ce dédale.

Front de taille Front de taille
Front de taille

Notes Ces fronts de taille donnent une idée des blocs qui étaient débités.

Croix Croix Chiffres
Croix
Puits
Puits

Notes Les deux puits sont magnifiquement chemisés en briques.

Marly

Il s'agit d'une carrière où a été extraite de la craie blanche issue du Sénonien. Celle-ci se trouve à -5m dans un premier banc comprenant des silex, puis plus bas vers -12m dans un banc blanc et compact. Niveau période, nous sommes au 19ème siècle (fin 1880), c'est beaucoup plus récent que ce nous avons vu précédemment.

L'exploitation est creusée en piliers tournés sur une hauteur total de 6m et des galeries larges de 2 à 4m. Aujourd'hui on a rarement une telle hauteur, on peut considérer que le sol est remblayé sur au moins 2m peut être plus. De part son caractère ancien, la carrière est globalement dégradée et par endroits dans une phase terminale, l'inquiétude porte alors sur son faible recouvrement et la dégradation du ciel qui laisse apparaître par endroits des remontées de voûtes importantes. Le quartier en surface est aujourd'hui pleinement habité, cela pose des risques de désordres importants. Une prochaine campagne d'injection totale devrait alors réduire ce risque au néant.

Réseau vert

Galerie cintrée Galerie cintrée Galerie cintrée
Galerie cintrée
Ancienne sortie
Ancienne sortie

Notes L'accès à la carrière s'est faites par une descenderie à partir de 1944, celle-ci a été recoupée et partiellement injectée car elle passait sous la route. Un nouveau puits a, alors été fonçé pour rejoindre la partie basse de la descenderie.

L'utilisation de cintres est due aux mineurs de charbon venus travailler ici afin de permettre à la population d'accéder à la carrière plus facilement pour s'y réfugier pendant les bombardements.

Plus loin dans la carrière se trouve une autre descenderie de ce genre, servant de sortie de secours, aujourd'hui complètement remblayée.

Galerie blanche En rouge et blanc En rouge et blanc Bâche plastique Marquage de couleur
En rouge et blanc

Notes Les zones à risque sont peintes en rouge, sans cela, la carrière est d'un blanc immaculé parsemé de rognons de silex dans sa partie haute. Ces zones peintes ont été faites par le SDICS, avec le temps ce rouge devient plutôt orange.

Le sol a été nivelé et recouvert de scories, quand la carrière fût occupée par les réfugiés. Il est dit que des WC, une infirmerie, et l'électricité y ont été installés. La carrière pouvait accueillir 8000 personnes d'après la municipalité.

Croix Lorraine
Croix Lorraine
Pipe
Pipe
Remblais
Remblais

Notes La découverte de cette pipe est sans doute le plus beau vestige. Il a été sauvé de l'oubli. Il s'agit d'une pipe Scouflaire du nom de son inventeur (Pierre Scouflaire, Belgique) résidant à Onnaing. C'est un objet complètement local et devenu traditionnel par sa renommée ainsi que sa signature "Scouflaire à Onnaing". En effet devant son succès, cette pipe devient à la Première Guerre Mondiale, un objet faisant parti de la besace du poilu. La fabrique s'arrête en 1936 concurrencé par la cigarette et la pipe en bois.

La hauteur des remblais révèle la véritable hauteur du ciel de carrière.

Puits P1 Puits Puits P3 Puits P9
Puits

Notes Ces différents puits ont servi pour l'aérage, il y en avait plus d'une vingtaine, il ne reste plus que ceux là.

Cloche de fontis Cloche de fontis
Cloche de fontis
Zone d'injection Zone d'injection
Zone d'injection
Zone rouge Zone rouge
Zone rouge
Convergencemètre
Convergencemètre
Extensomètre
Extensomètre

Notes Une petite zone a été instrumentée avant son abandon, cette zone en particulier est sans doute le secteur le plus dégradé de toute la carrière.

Réseau blanc

Cette carrière aurait très bien pu rejoindre celle vue précédemment, mais elle est reste isolée. Elle est beaucoup plus petite et ne sous-mine absolument rien du tout. Il s'agit du même type d'exploitation. Vu le peu de photo proposée, c'est qu'il n'y a absolument rien du tout ici !

Puits
Puits
Galerie
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