La mine des 15
Ce sont d'anciennes mines de fer divisées en trois concessions accordées à la moitié du 19ème siècle afin d'exploiter une couche de minerai oolithique (Aalénien). Sur ces trois concessions seulement une a été plus productive, 1 million de tonnes ont été extraites au total. Il s'agit de cette concession que nous allons visiter.
Nous allons d'abord faire un tour rapide des vestiges extérieurs sur les trois concessions.
Il s'agit de l'ancienne gare qui avait été construite d'abord pour acheminer le minerai par la société exploitante, puis pour le trafic de voyageurs, qui cessera dans les années 1940 avant d'être complètement abandonnée aujourd'hui.
Cette descenderie est noyée au bout de 5m. Dommage elle est magnifiquement construite en pierres de taille. Un peu plus haut dans les bois se trouve le puits d'extraction qui rejoignait la même mine, à travers le trou on peut toujours y voir son cuvelage et surtout le noyage 20m plus bas !
Toujours dans le même bois, en contrebas nous trouvons cette "mini" salle des pompes, plutôt esthétique, un peu plus loin se trouve une sorte d'entrée, enfin, les blocs se sont affaissés ce n'est pas engageant et l'entrée fait 50cm de haut.
Voici la grande entrée de la mine, c'est l'entrée sus-mentionnée Sainte Barbe. Si on regarde bien il y a encore une statue juste au dessus, dans la niche. En fait ce n'est pas la "vraie" Sainte Barbe, mais c'est joli quand même.
Nous voici à présent dans la mine dans un premier secteur en fin de concession qui se trouve être déconnecté aujourd'hui par une série d'effondrements. Il ne reste absolument rien, c'est donc vite vu. Le réseau est anarchique mais exploité en piliers tournés.
Nous sommes à présent dans le second réseau qui, celui-ci, est beaucoup plus grand. L'entrée est dans un mauvais état mais derrière cela s'améliore. Il reste un essieu en début de galerie.
Un peu plus loin il reste une portion de rails qui dessert les premiers quartiers.
Voici un aspect caractéristique de la mine : les mineurs ont surexploités le ciel ce qui donne à de nombreux endroits ces effondrements de ciels atteignant la couche supérieure de marne bleue-grise. Parfois c'est sur toute la galerie que le ciel est tombé.
Nous nous enfonçons dans des quartiers mais nous ne trouvons rien, il semble que tout le reste soit vide pour autant nous ne visitons pas tout le réseau. Il reste tout de même par endroits de belles galeries tout en piliers tournés que l'on ne voit pas souvent. Ces piliers sont esthétiques et donne une vision plus large.
La mine rouge
Il s'agit de mines de fer exploitées pendant la seconde partie du 19ème siècle, la production est importante et alimente les hauts fourneaux de la région. L'exploitation est faites principalement par puits, le gisement relativement à faible profondeur est légèrement incliné, il est exploité en chambres et piliers ou en galeries remblayées.
Premier aspect de la mine : c'est bas. Ce sont les premiers quartiers et donc les plus anciens. L'exploitation est faites de deux manières :
- En galeries puis remblayées au fur et à mesure.
- En chambres et à quelques endroits par piliers tournés. Ce sont soit des piliers résiduels soit des piliers faits avec des stériles. On peut encore voir l'intérieur de l'un d'entre eux (Cf: Piliers tournés).
On a extrait toute la couche à cet endroit, le ciel tombe en plaques, les couches supérieures sont devenues poreuses.
Nous ne tardons pas à tomber sur un premier plan incliné. Celui-ci est équipé avec une molette pour la remontée et la descente simultanément des wagonnets. C'est assez rudimentaire la molette est posée à même une hague, le treuil se trouvait en bas.
En descendant un peu il y a d'autres plans inclinés à peu près en parallèle au premier, mais pas tous avec la même hauteur ! Celui-ci à la particularité d'avoir 3 rails.
Voici le second plus petit et rustique.
Après être bien descendu nous arrivons semble t'il au niveau d'une ancienne recette de puits, aujourd'hui comblée où il recette ses tonneaux en bois sorte de "cuffats" qui servaient pour le transport du minerai.
Juste à côté il reste la salle de la chaudière ainsi que le socle d'un compresseur daté de 1917.
Du puits nous explorons en premier les quartiers remontant qui nous amènent, au travers de galeries joliment voûtées, dans des galeries en mauvais état voire complètement effondrées.
Le ciel se décolle à de nombreux endroits, les marnes-calcaires supérieures sont fissurées par l'eau et s'écrasent avec la pression.
Observez également comment les galeries se compriment avec la pression (Cf: Voûtes)
Nous revenons au niveau du puits et suivons ce nouveau plan incliné pour continuer de descendre. Il dessert plusieurs étages mais là aussi au fond c'est souvent mal engagé : les galeries sont en très mauvais état.
A chaque étage il se trouve des quais de chargement en hague, les wagonnets sont adaptés à la charge de ces tonneaux pour être toujours à l'horizontal : leur essieu à l'avant est surélevé (La première photo le montre à l'envers et la suivante en position droite). On appelle ce type de monte charge un "truck porteur".
Voici le fond. Une galerie d'écoulement des eaux a été creusée pour drainer toute l'eau de la mine, qui se déverse dans la rivière du coin. La présence d'un petit pont, rend le tout très esthétique.
Reseau B
Il s'agit d'un second réseau qui est accessible par un puits.
Ce réseau est aussi bas mais plus petit. Près de l'entrée, nous avons droit à un accueil un peu froid à la découverte de ce squelette de chien.
Tout est exploité en majorité par hagues, malheureusement les plaques qui reposent dessus, sont en train de s'affaisser.
C'est assez petit et la seule galerie qui pourrait partir est inondée.
Galerie d'exhaure
Il s'agit de la sortie de la galerie d'exhaure vue précédemment.
C'est bucolique mais sauvage.
Il est écrit : Galerie d'écoulement des mines de fer, longueur 5365m, 1887-1890.
La galerie est inondée, depuis l'entrée le niveau fluctue des genoux jusqu'à la hauteur de la taille. La galerie n'est pas droite, cela zigzague, elle est consolidée par endroits par ces ovoïdes en béton ou renforts en pierre. Remarquez le niveau d'eau atteint au niveau de l'ovoïde, la galerie était quasiment pleine !
Difficile de juger de la longueur parcourue (peut être 1,5km), mais nous avançons à contre courant et penché, c'est difficile. Nous arrivons sur ce passage qui débouche sur une cheminée haute d'une vingtaine de mètres où nous voyons un peu de jour s'échapper à travers un trou. Nous avançons encore sur une centaine de mètres mais le niveau d'eau devient rapidement trop élevé, c'est la fin pour nous, mais la galerie continue !
Si ce mur en moellons devait lâcher, cela serait la catastrophe !
Mine Blanche
Cette mine a été exploitée pendant près de 70 ans, le minerai de fer oolithique, alimentait alors tous les hauts fourneaux de la région avant d'être arrêtée au profit du minerai Lorrain, moins cher. 50 ans plus tard, l'activité allait reprendre, avec la ré-utilisation du lieu comme champignonnière qui va perdurer pendant 40 ans à peu près.
Les premières galeries sont parfaitement linéaires sur une quarantaine de mètres avant de s'arrêter. Il y en a plusieurs côté à côte, sans même qu'elles se recoupent.
Dans l'une d'elle on apercevra une magnifique coulée de calcite, sèche à mon passage. Ces galeries sont restées brutes et marquées par la couleur du fer.
Quand aux autres galeries, tout a été chaulé en blanc, pour la champignonnière, il reste par ailleurs quelques sacs de culture témoin de cette époque. Les galeries étaient fermées par des cloisons en parpaings voire des bâches.
Plus loin se trouve quelques belles concrétions et un magnifique bassin, seul vestige intéressant. Il y a une belle ambiance "sonore" souterraine dans ces galeries avec toutes les différentes infiltrations d'eaux qui résonnent.
L'exploitation s'est faites en plusieurs galeries d'extraction. La couche avait une puissance comprise entre 2,5m et 4m.