“ Les carrières de l'Oise ”

Il s'agit d'un dossier photos sur les anciennes carrières de calcaire du département de l'Oise, et plus précisément situées au Sud, entre Chantilly et Creil.

Dans ce bassin traversé par l'Oise et ses affluents (le Thérain et la Brèche), les carrières sont nombreuses, et en grande majorité souterraines. Nous sommes ici dans la prolongation géologique de l'ère tertiaire, c'est à dire celui du bassin parisien, à l'étage du lutétien. Cet étage est caractéristique des carrières de Paris, d'où son nom qui provient directement de "Lutèce", qui signifiait Paris autrefois.

Cet étage se subdivise en trois couches :

La pierre exploitée est un calcaire grossier (ancien nom signifiant calcaire lutétien) d'une grande richesse (très coquillière) qui se caractérise en deux spécificités : une pierre dure et une pierre tendre ou fine. Répartie dans le lutétien moyen et supérieur, c'est la pierre dure, dans le lutétien inférieur c'est la pierre tendre principalement.

Une coupe des terrains donne de haut en bas à Saint-Maximin :

Mais attention l'érosion n'a pas laissé cette coupe de terrains partout, les différents bancs de roche ne se retrouvent donc pas d'une ville à une autre.

Cette pierre a surtout servie de pierre de taille dans la construction de Paris et aujourd'hui plutôt dans la rénovation de monuments historiques, revêtement de façades mais aussi à l'exportation. La pierre est transportée par voie fluviale grâce à l'Oise, puis par voie ferroviaire par la création de la ligne Creil - Paris.

Trois grands sites ont dominé la production de ce bassin, qui ont donné leurs noms à la pierre encore extraite aujourd'hui :

En 1933 on pouvait lire : 384 carrières dont 24 souterraines ont été exploitées, 108 d'entre elles sont continues. Le personnel occupé a été de 1205 ouvriers dont 85 dans les travaux souterrains. Soit 96100 tonnes de pierres à bâtir (pierre tendre, pierre dure et moellons) ce qui représentent 2443500 Frs.

En 1995, le BRGM dénombrait 826 carrières dans l'Oise dont 458 uniquement pour le calcaire.

Un petit rappel

Le banc le plus recherché a été le banc de Saint-Leu, c'est dans cette commune qu'il a été découvert, et depuis ce nom est resté. Mais comme on l'a dit ce banc de pierre tendre se retrouve dans plusieurs autres carrières. On parlait autrefois de "pierres de Saint-Leu" alors qu'aujourd'hui il est plus correct de dire le "banc de Saint-Leu" : il s'agit d'une pierre avec une qualité qui lui est propre. C'est la base des bancs du calcaire grossier inférieur, donc le plus ancien. Il s'agit d'une pierre tendre, facile à extraire, très fine et de couleur jaunâtre.

Le vergelé est une appellation de pierre se trouvant juste au dessus du banc de Saint-Leu (Calcaire grossier moyen), c'est une pierre plus dure qui contient des coquilles et dont le grain est moins fin, plus irrégulier et traversées de veines qui se délitent mal. A contrario du Saint-Leu, il n'est pas gélif. Aujourd'hui on ne parle plus de vergelé mais de roche ferme ou demi-ferme selon la qualité. Elles se divisent en roche construction quand la pierre est dite "éveillée" et en roche fine lorsque la pierre ne contient aucun coquillages.

Le liais est la partie la plus haute du calcaire grossier, c'est tout simplement la pierre la plus résistante qui existe mais c'est aussi la pierre la plus chère, car elle est très peu épaisse, seulement 0,20m. Elle servait le plus plus souvent en élévation à supporter de lourdes charges. Contrairement à Paris où il a été extrait davantage car il se trouvait encore d'autres bancs au dessus de lui, ici dans l'Oise il ne se retrouve pas partout, principalement à Saint-Maximin.

Sources :

Cramoisy

Il y a six carrières indiquées à Cramoisy mais les exploitations sont très peu développées, elles sont de l'ordre du simple front de taille sauf deux qui se trouvent dans des propriétés privées.

Front de taille Front de taille
Front de taille

Notes La seule "photo" qui m'a parue esthétique est ce front de taille, complètement envahie par la végétation, où il reste encore ce bloc au premier plan.

Maysel

Nous voici à Maysel, à l'ouest de Cramoisy, il y a ici cinq carrières.

C'est une "petite" carrière moderne, offrant tout de même une hauteur sous plafond atteignant les 8 mètres. Elle a été complètement taillée à la haveuse. La carrière semble s'être stoppée nette, et se trouve aujourd'hui figée par le temps. Il reste plusieurs outils éparpillés, sur les murs de galeries on peut lire un certains nombre d'informations, des calculs de surface, des opérations et quelques beaux croquis de carriers.

Verdissement
Verdissement
Clair obscur
Clair obscur
Cavage
Cavage
Levier
Levier

Notes La lumière diffuse venant de l'extérieur, révèle les premières couleurs, mélange de jaune et de vert, dés l'entrée c'est déjà très joli !

Blocs
Blocs
Ciel
Ciel
Galerie
Galerie

Notes Au sol il reste plusieurs déchets de tailles ce sont de petits blocs, dont la qualité est soit médiocre soit ils sont trop petits pour être exploitables. Au ciel, on peut voir que la pierre est très jaune et ocre cela est dû à la présence d'oxyde de fer.

Haveuse Haveuse Haveuse
Haveuse

Notes Au bout d'une galerie, près du front de taille se trouve les restes de la haveuse aujourd'hui bien rouillée.

Godet
Godet
Barre de carrier
Barre de carrier
Croquis
Croquis
Maysel
Maysel

Voici une ancienne carrière souterraine qui a été ré-exploitée et qui est aujourd'hui partiellement à ciel ouvert. Elle est plus connue pour avoir accueillie l'équipe de tournage du Pacte des Loups, qui y ont tournés quelques scènes. Plus quotidiennement la carrière sert de site d'entraînement pour les spéléos et également à l'initiation et la formation de la spéléologie pour le grand public (Rendez-vous chaque année).

Carrière des vignes Carrière des vignes Carrière des vignes Carrière des vignes
Carrière des vignes
Carrière des vignes Carrière des vignes Carrière des vignes Carrière des vignes
Carrière des vignes

C'est un petit bout de front de taille où est situé aujourd'hui un centre équestre, ici aussi une scène du Pacte des Loups a été tournée.

Le bar
Le bar
Carrière du centre equestre Carrière du centre equestre
Carrière du centre equestre

Mello

Parmi les carrières les plus anciennes on peut citer la carrière Notre-Dame, dite carrière Dubois, du nom de ces exploitants puisqu'elle est déjà citée en 1774 sur le cadastre de la ville. Cette pierre, dite pierre de Mello est très recherchée, c'est une pierre à grains fins ou coquiller en fonction du banc de couleur crème parfaitement adaptée à la construction ou à la sculpture. Certaines sculptures de la cathédrale de Notre-Dame de Paris sont faites en pierre de Mello.

Crée en 1965, la Société des Carrières Dubois géré par Claude puis par son fils, Gerald, a exploité cette carrière jusqu'en 2010, date de la liquidation judiciaire.

Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame
Carrière Notre-Dame
Atelier de découpe Carrière Notre-Dame Ciel Carrière Notre-Dame Chargeuse Chargeuse Chargeuse
Carrière Notre-Dame
Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame
Carrière Notre-Dame
Fissure Carrière Notre-Dame Champignonnière Blocs Boulonnages
Carrière Notre-Dame

Notes L'exploitation très moderne, s'est arrêtée brutalement.

Galerie Galerie Galerie Galerie Galerie
Galerie

Notes Certaines galeries sont très hautes mais peu larges.

Blocs Blocs
Blocs
Epure
Epure

Rousseloy

Les carrières de Rousseloy, sont bien moins connues mais ont pourtant tiré une pierre de très bonne qualité dans un calcaire grossier moyen : du banc royal et du vergelé. Les carrières de Rousseloy sont assez abondantes et disputent de beauté avec celles de Saint-Leu. C'est une pierre blanche un peu jaunâtre, tendre à grain fin. Ainsi (...) aux carrières de Rousseloy, on peut compter huit assises alternativement dures et tendres au lieu d'un massif supérieur de vergelet recouvrant un autre massif de pierre fine, l'ensemble repose sur un vergelet pourri. Cette pierre a servie pour l'église de la commune, l'hôtel de ville et l'église Saint-Etienne de Beauvais.

Deux grandes carrières ont rythmé la vie de ce village : la carrière Flandre ou "Civet Pommier" et la carrière de Rousseloy.

Pilier de consolidation Pilier de consolidation Puits d'extraction Puits d'extraction
Entrée

Notes Le secteur de l'entrée est fragilisé par un recouvrement extrêmement faible, je dirais moins de 5m, ces piliers de consolidations servent à soutenir le ciel, plus loin un plus gros sert à soutenir la route qui passe exactement au dessus. Plus loin se trouve un très beau puits d'extraction, cylindrique assez unique qui confirme le peu de recouvrement. Entre cette première photo et la suivante : 9 ans d'écart !

Masse en ciel Piliers tournés Piliers tournés Front de taille 1869 Alphonse
Carrière

Notes Malgré un recouvrement faible, l'exploitation est tout de même menée sur des hauteurs de 6m dans les quartiers. Les piliers tournés de 3m espacés de 6m gardent à cet endroit les marques bien visibles du pic. Cette période est confirmée en levant les yeux au ciel avec cette signature de 1869.

Saint-Antoine Saint-Antoine 1883 Bateau
Dessins - Signatures

Notes Les champignonnistes ont investi ces lieux et je ne me tromperais pas en citant Mr Carrara.

On peut lire : Vandal Fleryi 1883 Champignonniste Compagnon

Piliers tournés Piliers tournés Puits Leroux
Carrière

Notes Voici d'autres quartiers, pas nécessairement plus moderne (1870), toujours exploité au pic et à de rares endroits à l'aiguille. Les galeries étant très monotones et malheureusement aujourd'hui vandalisées, peu de photos ont été faites.

Thiverny

Il y a deux grandes carrières à Thiverny que je nommerai Thiverny Nord et Thiverny Sud.

Voici Thiverny Nord, c'est une carrière en pleine forêt, une partie de celle-ci se trouve à ciel ouvert il faut dire que le peu de recouvrement n'aide pas. Il y a des bouches de cavages un peu partout, sur l'une des entrées le ciel est d'ailleurs très fragilisé dés l'entrée.

Ce n'est pas bien grand, il y a une grande galerie principale qui nous amène au fond et c'est presque tout, il y a quand même quelques galeries annexes, mais on en fait vite le tour.

Cavages
Cavages
Consolidations
Consolidations
Pilier à bras
Pilier à bras
Thiverny
Thiverny

Notes Cette dernière photo est visible en "grand format" à la maison de la pierre à Saint Maximin.

Saint-Maximin

Saint Maximin ou la cité de la pierre dont les deux tiers du village ont servi et sert encore à l'extraction du calcaire. Les principales sociétés ont été :

  • Daubin
  • Fèvre & Cie
  • Civet & Cie
  • Ouachée & Corpechot.

Carrière Parrain ou Parain, La carrière souterraine Parrain est ouverte à la fin du 16e siècle. La pierre calcaire y est extraite manuellement, selon la technique du pilier tourné, par gros blocs destinés à la construction de Paris et des environs. Elle couvre à l'origine 10 ha, mais le passage de la ligne ferroviaire sur la commune en 1859 fait disparaître près de 6 ha. L'extraction se poursuit jusqu'en 1925. La carrière souterraine est ensuite adaptée pour accueillir une champignonnière (création de cellules) jusqu'en 1993 : les conditions de fraîcheur (12 degrés toute l'année) et d'hygrométrie (80%) étant idéales pour cette culture. La carrière sert également d'abri durant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Un atelier de carrosserie automobile est ensuite installé à l'entrée de la carrière Parrain. La Maison de la Pierre du Sud de l'Oise, association de préfiguration de l'établissement public de coopération culturelle, valorise conjointement avec la commune de Saint-Maximin ce lieu en présentant son histoire à travers les différentes techniques d'extraction dans les carrières, les fossiles, les différents modes de culture du champignon. La galerie du Front de Taille dont la première pierre a été posée en janvier 2010 doit son nom au parement de pierre extérieur rappelant les fronts de taille des carrières à ciel ouvert. Elle couvre une superficie de 400 m². Elle a été inaugurée le 8 juin 2011 et est dédiée à l'accueil de manifestations culturelles, d'expositions, de conférences et de concerts.

Sources : Bruno Croizé : Inventaire Hauts de France

Si vous passez dans la région, n'hésitez pas à rencontrer une équipe formidable qui vous fera visiter cette carrière et toute l'histoire de la pierre de la région !

Une seule adresse : Maison de la pierre

Treuil Treuil Treuil Treuil Treuil
Treuil

Notes Ce treuil est la reconstitution du treuil provenant de la carrière Sarazin.

Cric Crapaud Taillant Découpe à la lance Scie crocodile Pince Coins
Outils

Notes Tous les outils sont encore présents et en état pour décrire l'extraction d'un bloc.

Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière
Champignonnière

Notes Une grande partie de la carrière a été utilisée pour la culture du champignon. Sur l'avant dernière photo, on voit les trois types de cultures qui ont existé : en meules, en bacs et en sacs.

Enfin, cette dernière photo est utilisée et affichée en devanture par la Maison de la Pierre.

Consolidation Consolidation Consolidation
Consolidations
Puits
Puits
Marquage
Marquage

Ce bout de carrière faisait initialement partie de la carrière Parrain, avant qu'elle soit coupée par le tracé de la voie ferrée.

Hagues Hagues Hagues Pilier Galerie
Carrière Civet

Notes Ces galeries sont vraiment anciennes et cela n'a rien à voir avec les galeries Parrain. Tout est exploité en galeries et hagues et bourrages, comme à Paris !

Une première carrière, assez vieille et petite creusée dans un banc dur, très coquillier qui tient encore debout grâce à quelques piliers tournés. Depuis ma visite, elle s'est effondrée.

Entrée Pilier à bras Pilier à bras Pilier à bras Pilier à bras Henri Chepenier
Carrière Daubin

Un peu plus loin, une autre carrière du même style, légèrement plus grande mais cette fois en plus mauvais état, la pression fait exploser les piliers à bras, les hagues s'affaissent, le ciel déjà pas bien haut craque et se fissure. On s'étonne que cela tienne encore !

Entrée Pilier de consolidation Pilier à bras Pilier à bras Pilier à bras
Carrière Daubin
Pilier à bras Hague Pilier à bras Boisage Bloc
Carrière Daubin

Notes On s'étonne de trouver encore un bloc dont la dimension semble disproportionné par rapport à la taille de la galerie. Les piliers à bras sont terminés avec des blocs de plus petite taille, voilà pourquoi cela ne tient plus ! Dans les hagues on aperçoit également un pilier à bras.

Ce tunnel taillé par Fèvre dans la masse desservait deux carrières (celle de la Dona Maria en souterrain et celle de Letelier à ciel ouvert) et permettait de rejoindre directement la gare d'expédition. Un embranchement souterrain permettait de se diriger vers la carrière adéquate. Le tunnel creusé plus ou moins long de 600 à 800m est maintenant fermé vers la carrière Done Maria et effondrée vers celle de Letelier dû à l'exploitation à ciel ouvert. Le tunnel est massivement renforcé avec des renforts en moellons car une route passe au dessus.

Arches Arches Arches Meules
Tunnel Fèvre

Notes Ces que l'on voit au sol ce sont des bobines de films

Ce tunnel permettait le passage du "Coucou", une loco Decauville, pour la carrière Civet. Le tunnel n'est pas effondré mais bouché à quelques mètres de l'entrée afin de soutenir la route au dessus. Juste à côté se trouvait également le tunnel de la carrière Robert où circulait une grue à vapeur.

Tunnel Civet Tunnel Civet
Tunnel Civet
Tunnel Robert
Tunnel Robert

Carrière Ouachée. C'est une très grande carrière d'environ 70 hectares, qui a été exploitée en souterrain (Saint-Leu) puis aujourd'hui encore à ciel ouvert (Vergelé). Elle est la réunion de plusieurs carrières souterraines : la carrière Chapotel, la carrière Neuve, la Petite carrière, la carrière Imbert et des carrières à ciel ouvert : la carrière Bigorne, la carrière Pageot, la carrière Manimabure et la carrière des 14 Arpents. En 1923 la société est crée par le rapprochement des familles Ouachée et Corpechot.

En souterrain, on retrouve donc plusieurs styles bien marqués, une première partie assez haute mais très petite, assez moderne, et une seconde plus basse, plus classique dirons-nous mais beaucoup plus étendue. Cette partie a été massivement ré-utilisée en une énorme champignonnière divisée en plusieurs caves.

Les deux parties sont séparées, d'une entrée de cavage chacune, mais se relie aujourd'hui souterrainement. Une autre sortie débouchait quand à elle vers l'Oise d'où les blocs pouvaient être acheminés directement par bateaux.

La carrière sert aujourd'hui à la restauration de tous les monuments et bâtiments de Paris, les blocs sont aussi beaucoup revendus à l'étranger. Pour anecdote, c'est ici que provient la terre utilisée pour produire la terre battue de Roland Garros la marque : le "Tennisol" est produite en partie grâce au concassage de la pierre calcaire.

Galerie Principale Confortations L'escalier en pierre Cabine
Galerie Principale

Notes La galerie principale est en fait une galerie de jonction entre la partie moderne et la partie ancienne. La partie moderne a été taillée a la haveuse, dans cette partie on se croirait dans la Masse d'or (St Leu d'Esserent).

Infiltrations d'eaux Le volcan
Infiltrations
Piliers maçonnés Piliers maçonnés
Piliers maçonnés

Notes Au dessus se trouve le chantier de taille des blocs, l'eau et la sciure issue de la découpe des blocs sont envoyées vers la carrière souterraine, ce qui a pour effet de remplir les galeries de boue (comme de l'injection) effaçant ainsi certaines inscriptions sur les murs.

Pilier rond
Pilier rond
Les chantiers
Les chantiers
Outillage
Outillage
Identification des Caves Identification des Caves
Identification des Caves
Portail
Portail

Notes Un petit récapitulatif des caves que j'ai pu trouvé, mais il y en a tellement ! On remarque deux types d'inscriptions, celles écrites en rouge sanguine et d'autres en noires pochoir.

La "toise" est une unité de mesure d'à peu près 1,80m. On peut donc en déduire la taille de la cave, on retrouve également des informations sur la date de lardage, l'année (toutes de 1907) et même le nombre de champignons. Sur l'un des murs on y voit encore un tableau récapitulatif, trié par mois, avec le relevé en fonction des jours.

  • Cave du Soleil - 124 toises
  • Cave de la Lune - 115 toises
  • Cave des Etoiles - 146 toises
  • Rue N°3 - 108 toises
  • Rue N°4 - 104 toises
  • Cachot Alida - 65 toises
  • Cave Marguerite
  • Cava Madagascar
  • Cave Chapotel
  • Cave du Petit Jacques
  • Cave du Petit Jean
  • Cave Moise
  • Cave Eugene
  • Cave Elizabeth
  • Cave du Puits
  • Cave Cabaret
Maçonnerie allemande Mur maçonné Cave Moise Champs de sacs
Champignonnière
Culture sur deux niveaux Culture intensive ! Gaine de ventilation Cagettes empilées
Champignonnière

Notes C'est simple : il y a des sacs partout ! Cela devait être une champignonnière très importante.

Numérotation et indication des caves Chambre de culture Radiateur Camionnette Chaudière Balances Installation
Installations diverses

Notes On y retrouve toutes les installations classiques de champignonniste : chaudière, panneau de commande de la ventilation/chauffage, bureaux et même château d'eau.

Obus
Obus
Marquage
Marquage

Notes La carrière a été utilisée par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, il y a beaucoup de ré-aménagements, au point de vue maçonnerie (piliers maçonnés), quelques indications d'une présence militaire et le reste d'un obus. C'était une position stratégique, pour défendre le transport des V1 (sur l'autre rive, à Saint Leu) où ils étaient montés.

Les numéros peuvent également faire penser à une signalisation/marquage allemand.

Passage interdit Ciel ouvert Baraque Ciel ouvert Ciel ouvert Galerie Ripple mark
Carrière

Cette ancienne carrière a été creusée dans le banc de Saint-Leu. Par la suite elle fût reprise à ciel ouvert par la société Civet-Pommier. Quand l'extraction fût définitivement terminée, la partie souterraine servie de champignonnière quand la partie à ciel ouvert fût entièrement abandonnée.

Auparavant cette carrière faisait partie de l'ensemble des Caspernets, elle était relié à la carrière Parrain, Civet Pommier, la Tranchée.

C'est monsieur "Poulain" Gandrille, qui fît la culture de champignons sous le nom de Champimax pendant un peu plus de 30 ans. Elle fût arrêtée en 1999. Depuis 2018, la carrière à ciel ouvert a été entièrement remblayée et l'accès à la carrière souterraine, disparue. Ce qui ne laisse plus aucun moyen de surveiller les vides qui s'étalaient presque jusqu'au château Civet.

Piliers maçonnés Chaudière Atelier Cric Champimax
Carrière

Saint-Vaast-les-Mello

Ses carrières sont exploitées par la puissante societé Civet, Crouet et Gautier à ciel ouvert comme en souterrain. Aujourd'hui en grande majorité les parties souterraines ont été ré-exploitées et il en résulte une immense carrière à ciel ouvert, où la végétation reprend ses droits petit à petit.

L'impression est saisissante et immédiate : une immensité a été arrachée à la terre, les dimensions sont hors normes et me font me sentir tout petit, les fronts de masse gigantesques aux couleurs éclatantes de jaune au rouge ocre, révèlent toute leur beauté par beau temps. Tout me parait démesuré et presque inconcevable. Je plonge, dans ce lieu partiellement en ruine, où des centaines de blocs imposants noirci par le temps attendent un futur improbable. Tout a été effacé par le temps, les traces industrielles ou humaines ont malheureusement disparues, et seule la pierre, témoigne encore aujourd'hui.

Carrière du pont Carrière du pont
Carrière du pont
Arc de Triomphe
Arc de Triomphe
Hangar
Hangar

Notes Voici la partie la plus "parlante" de la grande carrière, c'est une belle coupe géologique du lutétien de l'Oise. A la base se trouve le banc de Saint Leu, surmonté de vergelé et lambourdes, puis du Liais et enfin des marnes et caillasses. On y voit les différents stades d'exploitations, mais surtout la hauteur de masse calcaire qui a été extraites, c'est plutôt faramineux.

Si cette masse a été délibérément laissé, c'est parce qu'un chemin vicinal passait autrefois dessus.

Ce rognon que nous appelons "l'Arc de Triomphe" dû à sa forme, est un rognon de pierres de mauvaise qualité, que les carriers ont laissé en place.

Tunnel voûté
Tunnel voûté
Consolidation en bois
Consolidation en bois
Dessin 1
Dessin 1
Dessin 2
Dessin 2

Notes Dessin 1 : il faut lire "Celui qui a écrit cela est un con" signé par Petit.

Dessin 2 : Il est dessiné une personne manipulant une machine peut être une haveuse.

Champs de blocs Bloc Avant Après
Champs de blocs
La bascule
La bascule

Notes Il y a ici des centaines de blocs en attente.

La bascule servait à peser les camions chargés de blocs.

Rognon
Rognon
Front de taille
Front de taille
:)
:)
Pilier de masse
Pilier de masse
Blocs Blocs Blocs
Blocs
42846
42846

Notes Des blocs partout !

Chaque bloc est numéroté, grâce à ce code on peut connaître sa dureté, l'année d'extraction, ses dimensions et son poids. Chaque bloc est classé par qualité de pierre.

Pilier tourné
Pilier tourné
Moellons Moellons
Moellons

Notes Si l'on regarde bien, il reste encore quelques parties souterraines, où s'entassent des milliers de moellons.

Front fissuré
Front fissuré
Calcaire ferreux
Calcaire ferreux
Transformateur
Transformateur

Notes L'ancien transformateur électrique de la carrière (il y a des ruches à abeilles dedans...)

Wagonnet Wagonnet
Wagonnet
Système de freinage
Système de freinage

Notes Actuellement c'est le seul vestige industriel.

Il s'agit de la carrière Magenta, pas bien loin de celle à ciel ouvert, très affectée par les effondrements, à l'intérieur se trouve trois camions de marque Willème et un Mack également en mauvais état.

Entrée
Entrée
Camion
Camion
Remblai
Remblai
Scie circulaire
Scie circulaire

Notes Dés l'entrée cela annonce la couleur, ca s'effondre bien comme il faut. La faute à un recouvrement plutôt faible.

Rue Marceau
Rue Marceau
Ciel fragile
Ciel fragile
Renforts
Renforts

Notes Voici la seconde entrée, ici aussi le ciel de carrière est en piteux état malgré les renforts.

Les accès sont aujourd'hui remblayés et perdus, pourtant une fois dedans c'est le grand étonnement, les galeries sont hautes, (cela ne parait pas depuis l'extérieur) et alternent entre une partie ancienne (à la lance et l'aiguille) et moderne à la haveuse.

Renforts
Renforts
Entrée officielle
Entrée officielle
Effondrement
Effondrement
Chantier de la misère
Chantier de la misère

Notes Près de la taille moderne, des renforts sont installés au ciel ainsi que des boulonnages.

L'entrée officielle est aussi fortement consolidée, pourtant il y a un énorme fontis qui la menace à quelques dizaines de mètres. Cette galerie se poursuit et se termine sur du remblai, sans doute débouchait-elle dans une autre partie de la carrière ?

Cela ne parait pas mais dans cette galerie de piliers tournés (Cf: Effondrement) il y a eu un important décollement de ciel sur une longue partie, ainsi que des effondrements de blocs aux dimensions gigantesques, cela a dû faire un sacré bruit en tombant ! Voilà peut être ce qui explique le nom de certains chantiers et la fin de l'exploitation.

Piliers
Piliers
Tableau de carrier
Tableau de carrier

Notes Dans cette partie de la carrière on a ré-exploité le sol de carrière (Cf: Piliers) pour le banc de Saint-Leu, en surcreusement, on voit nettement la différence de taille à la haveuse en bas et à la lance en haut. Du coup cela donne des hauteurs plus importantes mais cela fragilise aussi les piliers.

Sur les parois se trouvent de nombreux tableaux de calculs de blocs et des dates, visiblement l'exploitation s'est arrêtée dans les années 70.

Front de taille
Front de taille
Stock de rails
Stock de rails
Treuil
Treuil

Notes Il reste quelques bouts de rails et une sorte de treuil encore bien fixé au sol avec son câble.

Celle-ci est également cachée dans la végétation, elle est moins grande mais presque aussi haute. Elle n'a pas subit les traces de la modernisation, mais elle a accueillie une champignonnière, dont les traces sont très approximatives aujourd'hui. Ce bout de carrière est très fragilisé, il y a une partie très instable et de nombreux ciels ouverts, quand ce n'est pas un fontis qui est en train de se former, les blocs tombent.

Galerie principale
Galerie principale
Reflet
Reflet
Effondré
Effondré
Puits de lumière
Puits de lumière

Notes Aux abords cela s'effondre de partout.

La rampe
La rampe
Etai Etai Etai
Etai

Notes A l'entrée de cette galerie se trouve une rampe formée de grosses poutres en bois amenant dans ce secteur fortement consolidé par des étais, dont certaines sont plutôt esthétiques.

L'entre deux
L'entre deux
Chandelle de bois
Chandelle de bois
A terre
A terre

Notes Quelques mètres plus loin on retrouve le même type de consolidations mais cette fois...à terre.

L'ermitage

Il s'agit d'un bout de carrière, dont une partie a été aménagée en habitation troglodytique. Ce lieu a été conçu par la famille De Montmorency afin de créer un lieu de repos et de retirement, dans un style romantique et ornés d'éléments rococo. Initialement meublé, ils ont été restaurés puis vendus aux enchères.

Piliers de consolidations Piliers de consolidations Piliers de consolidations Tombeau Tour
L'ermitage

Notes Le site dans une ancienne carrière à ciel ouvert se découvre petit à petit. C'est un style tout de suite remarquable et distingué avec des moulures et reproductions en béton. L'ensemble est constitué de pierres de taille, surmontés de linteaux, frises et diverses ornementations mais aussi de motifs sculptés en bois.

Entrée Pièce Cuisine - Four Fenêtres Escalier
Intérieur
Epitaphe Epitaphe Epitaphe Epitaphe
Intérieur

Notes Ses écrits sont un genre poétique que l'on pourrait qualifier d'épitaphes. Il est écrit :

  1. Loin du fracas de la grandeur on peut ici rêver bonheur.
  2. Heureux le philosophe, trop heureux s'il sait l'être.
  3. Le génie, la science et la vertu n'ont qu'une même patrie.
  4. On dort partout quand le coeur est tranquille.
Carrière Carrière Carrière
Carrière
Roues Wagonnet Attelage Treuil
Outillage

Notes Juste à côté se trouve la véritable carrière dont il reste quelques vestiges.

Troglo

Il y a 6 ou 7 ans je me souviens être passé devant ce troglo qui était en très bon état, a cette époque je n'avais pas fait de photos ni spécialement prêté attention à la carrière qui se trouvait derrière. Récemment repassé par là, j'ai été étonné de retrouver le site complètement ouvert aux quatre ventset malheureusement entièrement dévasté.

Troglo Troglo Troglo
Troglo

Notes Immédiatement à l'entrée de la carrière, se trouve ce petit troglo entièrement construit en pierres de taille. C'est très joli. Mais aujourd'hui il est complètement éventré et s'abîme de plus en plus.

Hague Pilier de soutènement Pilier de soutènement Chaudron Galerie Piliers
Carrière

Notes La carrière forme une sorte de grand "L", c'est petit mais avec du charme. L'exploitation relativement ancienne a été exploitée au pic en galeries, elle a été ensuite ré-utilisée en champignonnière comme en témoigne le chaulage systématique des murs.

Malheureusement, la carrière étant facilement accessible, il semblerait que les jeunes du coin armés de bombes de peinture, ont adorés taguer chaque murs et piliers en fluo de stupidités et d'insultes. C'est navrant, il n'y a plus aucun respect.

Signatures Puits
Carrière

Notes Ce sont les seules signatures encore visibles, elles datent des champignonnistes.

Pilier de soutènement Pilier de soutènement Pilier de soutènement Boisages Pilier à bras Dessin
Carrière

Notes Une petite zone à l'écart mérite particulièrement l'attention, car dans cette pièce est représenté quatre types de soutènements : boisages, poutrelles, pilier à bras et pilier massif.

A poêle

Vieille et petite carrière exploitée irrégulièrement dont les entrées de lumière mettent en valeur ces galeries fragiles.

Entrée Piliers Piliers Entrée
Carrière

Les gros bras

Deux carrières peu intéressantes, la première accessible par une belle tranchée donne dans une partie à moitié à ciel ouvert et encore un peu en souterrain. Et quand à l'autre, elle n'a pas d'intérêt car elle est complètement brûlée.

Ciel ouvert Tranchée Tranchée
Entrée
Mur Mur Champignonnière Champignonnière
Galeries
Treuil Cric
Outils