“ Les carrières de l'Oise ”

Il s'agit d'un dossier photos sur les anciennes carrières de calcaire du département de l'Oise, et plus précisément situées au Sud, entre Chantilly et Creil.

Dans ce bassin traversé par l'Oise et ses affluents (le Thérain et la Brèche), les carrières sont nombreuses, et en grande majorité souterraines. Nous sommes ici dans la prolongation géologique de l'ère tertiaire, c'est à dire celui du bassin parisien, à l'étage du lutétien. Cet étage est caractéristique des carrières de Paris, d'où son nom qui provient directement de "Lutèce", qui signifiait Paris autrefois.

Cet étage se subdivise en trois couches :

La pierre exploitée est un calcaire grossier (ancien nom signifiant calcaire lutétien) d'une grande richesse (très coquillière) qui se caractérise en deux spécificités : une pierre dure et une pierre tendre ou fine. Répartie dans le lutétien moyen et supérieur, c'est la pierre dure, dans le lutétien inférieur c'est la pierre tendre principalement.

Une coupe des terrains donne de haut en bas à Saint-Maximin :

Mais attention l'érosion n'a pas laissé cette coupe de terrains partout, les différents bancs de roche ne se retrouvent donc pas d'une ville à une autre.

Cette pierre a surtout servie de pierre de taille dans la construction de Paris et aujourd'hui plutôt dans la rénovation de monuments historiques, revêtement de façades mais aussi à l'exportation. La pierre est transportée par voie fluviale grâce à l'Oise, puis par voie ferroviaire par la création de la ligne Creil - Paris.

Trois grands sites ont dominé la production de ce bassin, qui ont donné leurs noms à la pierre encore extraite aujourd'hui :

En 1933 on pouvait lire : 384 carrières dont 24 souterraines ont été exploitées, 108 d'entre elles sont continues. Le personnel occupé a été de 1205 ouvriers dont 85 dans les travaux souterrains. Soit 96100 tonnes de pierres à bâtir (pierre tendre, pierre dure et moellons) ce qui représentent 2443500 Frs.

En 1995, le BRGM dénombrait 826 carrières dans l'Oise dont 458 uniquement pour le calcaire.

Un petit rappel

Le banc le plus recherché a été le banc de Saint-Leu, c'est dans cette commune qu'il a été découvert, et depuis ce nom est resté. Mais comme on l'a dit ce banc de pierre tendre se retrouve dans plusieurs autres carrières. On parlait autrefois de "pierres de Saint-Leu" alors qu'aujourd'hui il est plus correct de dire le "banc de Saint-Leu" : il s'agit d'une pierre avec une qualité qui lui est propre. C'est la base des bancs du calcaire grossier inférieur, donc le plus ancien. Il s'agit d'une pierre tendre, facile à extraire, très fine et de couleur jaunâtre. Le banc de Saint-Leu se divise en deux qualités : le banc franc (partie supérieure) et le banc royal (partie inférieure)

Les bancs de pierre tendre dit de Saint-Leu sont appelés sur la rive gauche (Saint-Maximin), bancs de Trossy, nom donné au hameau et rattaché ensuite à Saint-Maximin. Les carrières exploitant principalement les bancs de Trossy en souterrain, s'arrêtent progressivement et exploitent désormais à ciel ouvert les vergelés qui sont ici de très bonne qualité.

Le vergelé est une appellation de pierre se trouvant juste au dessus du banc de Saint-Leu (Calcaire grossier moyen), c'est une pierre plus dure qui contient des coquilles et dont le grain est moins fin, plus irrégulier et traversées de veines qui se délitent mal. A contrario du Saint-Leu, il n'est pas gélif. Aujourd'hui on ne parle plus de vergelé mais de roche ferme ou demi-ferme selon la qualité. Elles se divisent en roche construction quand la pierre est dite "éveillée" et en roche fine lorsque la pierre ne contient aucun coquillages.

Le liais est la partie la plus haute du calcaire grossier, c'est tout simplement la pierre la plus résistante qui existe mais c'est aussi la pierre la plus chère, car elle est très peu épaisse, seulement 0,20m. Elle servait le plus plus souvent en élévation à supporter de lourdes charges. Contrairement à Paris où il a été extrait davantage car il se trouvait encore d'autres bancs au dessus de lui, ici dans l'Oise il ne se retrouve pas partout, principalement à Saint-Maximin.

Sources :

Cramoisy

Il y a six carrières indiquées à Cramoisy mais les exploitations sont très peu développées, elles sont de l'ordre du simple front de taille sauf deux qui se trouvent dans des propriétés privées.

Front de taille
Front de taille

Notes La seule "photo" qui m'a parue esthétique est ce front de taille, complètement envahie par la végétation, où il reste encore ce bloc au premier plan.

Laigneville

Les carrières de Laigneville ont été exploitées sous l'appellation "Pierrre de Laigneville" mais il s'agit en fait du banc de Saint-Leu. Cette une pierre tendre blanc jaunâtre. On a également tiré du vergelé mais en plus faible quantité et visiblement uniquement à ciel ouvert. L'exploitation débutée vers le Moyen-Age a perduré semble t'il jusqu'au début du 20ème siècle. Cette pierre a servie à l'édification de l'église de la ville, au château de Creil.

Les principales carrières sont celles de l'église, de Bellevue et de la Croix de la Madeleine. Elles sont exploitées par Civet & Cie et Quesnel.

Elles sont très grandes le gisement s'étend sur 50 hectares. C'est un gigantesque dédale exploité en piliers tournés plus ou moins régulier. Contrairement à d'autres que l'on a pu voir, les galeries sont divisées en trois bancs de pierres, elles sont peu hautes entre 3m et 3,5m au maximum et large de 3m.

Après l'exploitation de la pierre, ces carrières servent de champignonnières et encore aujourd'hui (2017)

Aujourd'hui ce vaste espace est réparti de la sorte :

  • La Croix de la Madeleine

    Initialement en activité depuis 1982, cette champignonnière a été reprise en 2009 par Mr Ludovic Barré sous la dénomination : Grande champignonnière de la Croix de la Madeleine.

  • La Parisienne

    Cette champignonnière est crée depuis 2014 et gérée par Mr Durbal Da Silva.

  • Galyff - Mines du Roi

    Cette société ne produit pas de champignons mais utilise l'espace souterrain comme lieu de stockage. En outre ce lieu sert également à l'organisation d'événement, la valorisation de spectacle et plus particulièrement au collectif "Les Mines du Roi" qui se sont installés dans la carrière afin de pratiquer du jeu de rôle grandeur nature.

Entrées Chaudière Cuve à fioul Réservoir Pilier Radiateur
Carrière

Notes Les premières galeries servent d'atelier technique au bon fonctionnement des anciennes champignonnières. Le chauffage des caves est fait par endroit par des radiateurs en fonte !

Galerie principale Néons Caves Caves Caves Ventube
Galeries

Notes La carrière est absolue monotone, entièrement vide, il n'y a rien, toutes les écritures ont disparues sous le chaulage. Pour cela il a été très difficile de trouver de l'intérêt dans les photos.

Seule caractéristique, les caves sont toutes équipées de néons. Il y a tout de même une particularité il y a toujours des recoins, des recoupes, des passages cachés qui permettent de rejoindre d'autres zones ou de débuter une nouvelle découpe : rien n'est droit !

Ciel ouvert Ciel ouvert Ciel ouvert Caves
Ciel ouvert

Notes Cela nous amène au premier ciel ouvert qui débouche très rapidement sur de nouvelles entrées où était installée une autre champignonnière. A ma première visite il y avait garée ici une Citroen Torpedo, qui servait de transport pour les champignonnistes, elle a depuis disparue.

Bloc Bloc Découpe
Extraction
Ventilateurs Chaudron Ciel ouvert Ciel ouvert Ciel ouvert Ciel ouvert
Ciel ouvert

Notes Très rapidement on rejoint un second ciel ouvert. Près de ces entrées, les galeries sont très hautes, elles atteignent les 8m, les galeries sont plus larges et font 5m.

Ventilateur Atelier Chargeur Réservoir Mur
Divers
Entrée Bacs Champignons Champignons Puits d'aération
Champignonnière

Notes La champignonnière en activité.

Maysel

Nous voici à Maysel, à l'ouest de Cramoisy, il y a ici cinq carrières.

C'est une "petite" carrière moderne, offrant tout de même une hauteur sous plafond atteignant les 8 mètres. Elle a été complètement taillée à la haveuse. La carrière semble s'être stoppée nette, et se trouve aujourd'hui figée par le temps. Il reste plusieurs outils éparpillés, sur les murs de galeries on peut lire un certains nombre d'informations, des calculs de surface, des opérations et quelques beaux croquis de carriers.

Verdissement
Verdissement
Clair obscur
Clair obscur
Cavage
Cavage
Levier
Levier

Notes La lumière diffuse venant de l'extérieur, révèle les premières couleurs, mélange de jaune et de vert, dés l'entrée c'est déjà très joli !

Blocs
Blocs
Ciel
Ciel
Galerie
Galerie

Notes Au sol il reste plusieurs déchets de tailles ce sont de petits blocs, dont la qualité est soit médiocre soit ils sont trop petits pour être exploitables. Au ciel, on peut voir que la pierre est très jaune et ocre cela est dû à la présence d'oxyde de fer.

Haveuse Haveuse Haveuse
Haveuse

Notes Au bout d'une galerie, près du front de taille se trouve les restes de la haveuse aujourd'hui bien rouillée.

Godet
Godet
Barre de carrier
Barre de carrier
Croquis
Croquis
Maysel
Maysel

Voici une ancienne carrière souterraine qui a été ré-exploitée et qui est aujourd'hui partiellement à ciel ouvert. Elle est plus connue pour avoir accueillie l'équipe de tournage du Pacte des Loups, qui y ont tournés quelques scènes. Plus quotidiennement la carrière sert de site d'entraînement pour les spéléos et également à l'initiation et la formation de la spéléologie pour le grand public (Rendez-vous chaque année).

Carrière des vignes Carrière des vignes Carrière des vignes Carrière des vignes
Carrière des vignes
Carrière des vignes Carrière des vignes Carrière des vignes Carrière des vignes
Carrière des vignes

C'est un petit bout de front de taille où est situé aujourd'hui un centre équestre, ici aussi une scène du Pacte des Loups a été tournée.

Le bar
Le bar
Carrière du centre equestre Carrière du centre equestre
Carrière du centre equestre

Mello

Parmi les carrières les plus anciennes on peut citer la carrière Notre-Dame, dite carrière Dubois, du nom de ces exploitants puisqu'elle est déjà citée en 1774 sur le cadastre de la ville. Cette pierre, dite pierre de Mello est très recherchée, c'est une pierre à grains fins ou coquiller en fonction du banc de couleur crème parfaitement adaptée à la construction ou à la sculpture. Certaines sculptures de la cathédrale de Notre-Dame de Paris sont faites en pierre de Mello.

Crée en 1965, la Société des Carrières Dubois géré par Claude puis par son fils, Gerald, a exploité cette carrière jusqu'en 2010, date de la liquidation judiciaire.

Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame
Carrière Notre-Dame
Atelier de découpe Carrière Notre-Dame Ciel Carrière Notre-Dame Chargeuse Chargeuse Chargeuse
Carrière Notre-Dame
Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame Carrière Notre-Dame
Carrière Notre-Dame
Fissure Carrière Notre-Dame Champignonnière Blocs Boulonnages
Carrière Notre-Dame

Notes L'exploitation très moderne, s'est arrêtée brutalement.

Galerie Galerie Galerie Galerie Galerie
Galerie

Notes Certaines galeries sont très hautes mais peu larges.

Blocs Blocs
Blocs
Epure
Epure

Rousseloy

Les carrières de Rousseloy, sont bien moins connues mais ont pourtant tiré une pierre de très bonne qualité dans un calcaire grossier moyen : du banc royal et du vergelé. Les carrières de Rousseloy sont assez abondantes et disputent de beauté avec celles de Saint-Leu. C'est une pierre blanche un peu jaunâtre, tendre à grain fin. Ainsi (...) aux carrières de Rousseloy, on peut compter huit assises alternativement dures et tendres au lieu d'un massif supérieur de vergelet recouvrant un autre massif de pierre fine, l'ensemble repose sur un vergelet pourri. Cette pierre a servie pour l'église de la commune, l'hôtel de ville et l'église Saint-Etienne de Beauvais.

Deux grandes carrières ont rythmé la vie de ce village : la carrière Flandre ou "Civet Pommier" et la carrière de Rousseloy.

Pilier de consolidation Pilier de consolidation Puits d'extraction Puits d'extraction
Entrée

Notes Le secteur de l'entrée est fragilisé par un recouvrement extrêmement faible, je dirais moins de 5m, ces piliers de consolidations servent à soutenir le ciel, plus loin un plus gros sert à soutenir la route qui passe exactement au dessus. Plus loin se trouve un très beau puits d'extraction, cylindrique assez unique qui confirme le peu de recouvrement. Entre cette première photo et la suivante : 9 ans d'écart !

Masse en ciel Piliers tournés Piliers tournés Front de taille 1869 Alphonse
Carrière

Notes Malgré un recouvrement faible, l'exploitation est tout de même menée sur des hauteurs de 6m dans les quartiers. Les piliers tournés de 3m espacés de 6m gardent à cet endroit les marques bien visibles du pic. Cette période est confirmée en levant les yeux au ciel avec cette signature de 1869.

Saint-Antoine Saint-Antoine 1883 Bateau
Dessins - Signatures

Notes Les champignonnistes ont investi ces lieux et je ne me tromperais pas en citant Mr Carrara.

On peut lire : Vandal Fleryi 1883 Champignonniste Compagnon

Piliers tournés Piliers tournés Puits Leroux
Carrière

Notes Voici d'autres quartiers, pas nécessairement plus moderne (1870), toujours exploité au pic et à de rares endroits à l'aiguille. Les galeries étant très monotones et malheureusement aujourd'hui vandalisées, peu de photos ont été faites.

On appelle cette carrière la carrière du "pont" car il y a effectivement un très beau pont en pierre de taille à l'entrée de cette carrière.

Carrière Carrière Carrière Carrière Carrière
Carrière

Notes Principalement exploité à ciel ouvert, la carrière ne s'enfonce que très peu en souterrain.

On a pas exploité le ciel, là où le chemin passe au dessus.

Blocs Bloc 268 M
Blocs

Notes Ici il reste quelques blocs bien taillés, marqués à la sanguine.

Pont Pont Pont Bloc
Pont

Notes A côté il reste des blocs abandonnés en train de végétaliser.

Voici la carrière Civet, c'est sans doute la plus grande. Elle est exploitée en piliers tournés irréguliers (3X3m) avec galerie de 6m de large et en moyenne de 5 à 6m de hauteur. Les blocs ont été extrait d'abord au pic et puis ensuite à la lance. On a principalement tiré de gros blocs mais aussi des moellons.

Entrée Entrée Ciel ouvert Ciel ouvert
Entrée

Notes Deux tranchées dans la masse nous emmène jusqu'à l'exploitation souterraine.

Cet énorme fontis à ciel ouvert aujourd'hui est le résultat des bombardements durant la Seconde Guerre Mondiale. La carrière a servie pour les allemands comme dépôt de munitions.

On a renforcé ensuite les entrées avec de gros piliers maçonnés.

Ciel ouvert Ciel ouvert Ciel ouvert Ciel ouvert
Ciel ouvert

Notes Immédiatement près de l'entrée se trouve ce ciel ouvert. On aperçoit très bien le recouvrement.

Ventilateurs Puits Puits Ouverture
Cave

Notes Entièrement reconvertie en champignonnière, c'est Mr Carrara qui a cultivé ici en dernier. On y trouve encore les cloisons, ventilateurs et quelques installations à l'entrée mais plus aucun sacs.

Il n'y a qu'ici que l'on peut voir ce type de puits : protégé d'une armature en pierre plutôt qu'en parpaings, plus classique. Et justement plus loin ceux en parpaings sont équipés d'oeillets ouvrables que je n'avais jamais vu ailleurs.

Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Les piliers tournés se suivent mais ne s'alignent pas !

Saint Antoine Tête
Dessins

Notes Vu que les piliers sont chaulés sur toute leur hauteur, les dessins sont rares.

Saint-Leu-d'Esserent

L'extraction de la pierre calcaire du côté Ouest de l'Oise serait plus ancienne, Saint-Leu-d'Esserent, en particulier serait le précurseur dans l'exploitation de carrières, d'abord à ciel ouvert et plus tard en souterrain quand les déblais de la découverte devenaient trop important. C'est aussi de ce côté que les carrières sont les plus grandes au moins à cette époque. Comme on l'a dit, Saint-Leu est aussi connu pour avoir donné son nom au banc de pierre qui a fait sa renommée.

Il existe une belle aquarelle d'une carrière à Saint-Leu datée de 1856 visible en suivant ce lien

Les principales carrières nommées sont :

  • La carrière du Père-Pierrot
  • La carrière des Danses

    Ces deux premières carrières sont très proches, alors que la première est de faible superficie, la suivante se développe un peu plus. Elles sont exploitées en souterrain pour le vergelé. Mr Ouachée en est le propriétaire en 1852.

  • La carrière Saint-Quentin

    Autrefois souterraine, cette carrière a été ensuite exploitée à ciel ouvert à partir de 1873 par Mr Borde jusqu’en 1940. Le camping Campix, est quant à lui, aménagé sur ce terrain.

    Le nom de Saint-Quentin fut donné, disent aujourd'hui certains carriers, parce que le premier bateau de pierre extraite dans cette nouvelle carrière à ciel ouvert fut livré à Saint-Quentin, ou parce que , disent certains autres la première fourniture de pierre fut chargée sur un bateau, le "Saint-Quentin".

  • La carrière Notre-Dame

    Comme Saint-Quentin, cette carrière est ré-exploitée par Mr Borde aux même dates. On pouvait accéder à cette carrière par deux bouches de cavages encore visible en 1932, mais après sa mise en vente, chaque entrée fût rachetée par la Société Fèvre & Cie et Ouachée et Corpechot. Cette carrière était située au dessus de celle de Saint-Christophe, elle était exploitée d'abord en souterrain et après à ciel ouvert uniquement pour le vergelé.

  • La carrière Saint-Christophe

    Cette carrière souterraine exploitait le vergelé sur une petite partie supérieure et massivement le Saint-Leu en dessous. Elle permettait également de rejoindre la grande carrière du Couvent. Aujourd'hui son entrée ainsi que les premiers quartiers ont disparu sous les effondrements à la suite des bombardements de 1944 visant surtout la carrière du Couvent. Près de son entrée se trouvait comme au Couvent un bunker de protection.

  • La carrière du Couvent

    Voir ci dessous.

Neuf siècles d'histoire riche taillée dans la pierre, la pierre de Saint-Leu raconte encore. Elle témoigne d'une mémoire mais aussi de mystères que nous allons découvrir.

Carrière des Danses. Cette carrière est très ancienne, sa date d'ouverture daterait de 1719, elle est mentionnée dans l'inventaire des Titres du Prieuré de Saint-Leu : La carrière des Danses et celle y joignant, appelée la Carrière Neuve, étaient données à bail, pour deux ans, le 09 novembre 1719, et on peut supposer que ce fut sa date de mise en exploitation, puisque le locataire n'avait aucun loyer à payer, à charge par lui de rendre ces deux carrières praticables au bout de deux ans.

L'exploitant est Mr Ouachée en 1852. Cette exploitation est très remarquable, en ce qu'elle comprend à la fois le Saint-Leu et le Vergelet. Sa hauteur est de 6mètres 50 centimètres, dont 3,25m de Vergelet, un autre du banc bâtard et 2,25m de Saint-Leu.

Après l'extraction la carrière est transformée en champignonnière dont il reste encore des traces.

Entrée Piliers tournés Piliers tournés Puits
Carrière

Notes La carrière s'enfonce peu profondément et se divise aujourd'hui principalement en trois grands quartiers qui sont orientés du Nord au Sud. La partie Nord est sans doute la plus ancienne, c'est là que l'on trouve les graffitis et dates les plus anciennes (voir plus loin). Toutes les galeries ont par la suite été transformées en champignonnière.

Il se trouve deux puits d'aération dans toute la carrière, voici le premier (Cf: dernière photo).

Cave des Dansse Loubet Blanchet 1841 1848
Divers

Notes Voici la seule indication de cave retrouvée sur un tableau de comptage.

Plus loin toute une partie du ciel a servie à des signatures, la représentation de personnes, mais aussi à la représentation du sexe masculin. Ces dessins datent tous du début du 20ème siècle.

Par contre plus loin, sont indiquées deux belles dates, 1841 et 1848, dont on a pris soin d'écrire. La date la plus ancienne retrouvée est 1832, faites au crayon et à peine lisible, j'aurais rêvé mieux.

Champignonnière Signatures Cave du Brésil 1853 Souchet fait par Joseph Faue Noel 1847 Révolte de 1948
Carrière

Notes Datés surtout de la fin du 19ème siècle, on lit que des noms de champignonnistes : Lemaitre, Navarre, Calemburg

Plus loin au ciel on lit d'autres écritures beaucoup plus vieilles : un "Noel 1847" et à côté Souchet fait par Joseph Faux, s'il s'agit d'une date en dessous elle est devenue illisible. Par contre dans la galerie d'à côté, un siècle d'écart avec la Révolte de 1948 qui doit être en lien avec la grève des mineurs.

Piliers à bras Corbeaux Piliers à bras
Carrière

Notes La première attaque de la paroi au niveau du futur ciel est toujours consolidé, il s'agit de la pierre la plus dure. C'est très fréquent dans les carrières de la région. Par endroits on y trouve des piliers à bras plus ou moins grands, quand la plupart des cas on y trouve des blocs calés et souvent inclinés que l'on appelle : corbeaux

Galerie Piliers tournés Piliers tournés Ciel
Carrière

Notes Cette impressionnante galerie légèrement inclinée permet d'atteindre le banc de Saint-Leu. Qu'est ce que c'est beau ! Cette zone a été entièrement reprise en champignonnière.

Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Puits
Champignonnière

Notes Au bout se trouve le second puits. Et par endroits il reste encore quelques sacs de culture.

Deliancourt 1868 Règlement
Curiosités

Notes Il est écrit : Réglement de la carrière, celui qui entre ici doit payer son embochement plus un mois fort la main une demi litre par... bloc chargé ?

On peut penser que ce règlement daterait de la précédente inscription puisque c'est le même style d'écriture et la même couleur.

Carrière du Couvent.

On le sait, la pierre de Saint-Leu s'est forgée une renommée très importante en l'espace de quelques années : Les fameuses carrières connues sous le nom de "Saint-Leu-d'Esserent", fournissent la pierre désignés sous cette dénomination, et que l'on transporte par l'Oise à Paris, où il s'en fait un grand emploi. Elle présente dans ses différentes couches deux espèces de pierre, le Vergelet, dur à texture homogène; au dessous vient immédiatement la pierre douce de Saint-Leu.

C'est une pierre à Cathédrale, une pierre à château et maintenant une pierre de restauration.

La pierre de Saint-Leu semble avoir été exploitée pour la première fois à l'époque mérovingienne pour la fabrication de cercueils de pierre et s'est confirmé au XIème siècle par la construction de l'église abbatiale de Saint-Leu-d'Esserent (dont les deux colonnes à l'intérieur de la nef sont en Saint-Leu) fondée en 1081 par les moines de Cluny. La partie du bourg où se trouve l'église, et où était autrefois un couvent, était ceinte de murs fortifiés dont il subsiste encore des restes, surtout du côté de la rivière. Cette partie, s'appelait proprement Saint-Leu; le reste du village se nommait Esserent; il existait avant le couvent, mais devait toute son importance et son accroissement successif à cet établissement considérable.

La fondation du couvent ou prieuré conventuel de Saint-Leu date de la fin du XIe siècle. Hugues, comte de Dammartin, seigneur d'Esserent, ayant été fait prisonnier dans un pèlerinage en Palestine, sa rançon fût dit-on payée par les religieux d'une petite maison de bénédictins qui existait auprès du bois de Saint-Michel. Hugues par reconnaissance, fit bâtir l'église et un couvent dans l'enceinte d'un château fort, auprès de la rivière, et les remit entre les mains de Guy, évêque de Beauvais, à condition de les donner à l'église de Cluny et d'y établir un monastère de cet ordre, ce qui fût accepté.

Les moines, propriétaires des carrières les exploitent pour leur besoin de construction, et l'origine du nom de la carrière est restée depuis cette époque : On pénètre dans les carrières par deux bouches appelées, l'une entrée Saint-Christophe et l'autre entrée du Couvent, parce que les religieux de Saint-Leu s'étaient réservé l'usage exclusif de cette dernière ouverture.

On lit qu'au début du XVème siècle les principales carrières de Saint-Leu appartiennent à Colart d'Abbeville, qui habite Trossy. Les pierres sont vendues pendant plusieurs siècles pour les chantiers prestigieux de l'abbaye de Royaumont, la cathédrale de Chartres, la cathédrale de Sens en 1490, le château de Gaillon en 1501, l'église de Creil en 1521, le palais du Luxembourg, l'église de Saint-Germain-des-Près en 1624 ou bien le château de Versailles entre 1684-1687.

C'est une période faste qui se traduit concrètement par l'expansion des carrières, sans mention précise des noms, mais confirme alors de la grande renommée du banc de Saint-Leu et donc de l'augmentation de sa demande. Les carrières étant moins nombreuses qu'à Trossy, elles se développent en superficie. Celles-ci exploitées jusqu'à présent à ciel ouvert passent en souterrain : en fonction de la profondeur de la pierre, de la saison (on préfère exploiter en hiver en souterrain) mais aussi du type de pierre recherché (le vergelé étant préféré dans l'exploitation à ciel ouvert).

On sait qu'en 1822, les chantiers en cours sont ceux de la Pelle à Four et des Epinettes, travaux menés par Charles Leroux, qui accédait à la carrière par la bouche Saint-Christophe. En 1867, les ateliers de taille dans la carrière du Couvent sont déjà situés à plus de 1000m de l'entrée.

L'entrée du Couvent après les bombardements (Photo Robert Gallas)

Le Couvent passe de main en main, en 1852 ...celle de Saint-Christophe à Mr Poulain et de l'embouchure du Couvent à Mr Ouachée, ces deux dernières communiquent entre elles et occupent la plus grande étendue du coteau entre Saint-Leu-d'Esserent et Thiverny.

Un peu plus tard au XIXème siècle c'est la réunion des familles Borde et Périer qui exploite la carrière : Mr Borde et Périer ont formé le 01 Janvier 1865 une société en nom collectif, nommée simplement Borde & Périer pour l'exploitation de carrières. Mr Borde est déjà propriétaire de carrières situées à Cramoisy, Saint-Leu, Saint-Maximin et Saint-Vaast, des ports à pierre de Gouvieux, Montataire et Saint-Leu. Quand à Mr Périer il est propriétaire à Saint-Maximin de la carrière Dona-Maria.

Il s'agit précisément de Mr François Victor Borde, exploitant de carrières mais aussi maire de Saint-Leu-d'Esserent. Henri Edouard Périer est employé dans la maison Letellier et Périer, exploitants de carrières. Ce rapprochement donnera suite également à l'union de Henri-Edouard-Périer (Fils) et de Mme Maria-Désirée-Georgette Borde qui en deviendront respectivement dirigeants.

Madame Borde, devenue veuve se sépare des carrières en les vendant à la Société Fèvre & Cie, d'abord Notre-Dame et Saint-Quentin puis celle du Couvent vers la première partie du XXème siècle. Il s'agira alors du dernier exploitant.

L'exploitation souterraine est menée traditionnellement par la méthode des piliers tournés. L'irrégularité visuelle des piliers et des fronts de taille (et dans les autres carrières également) est liée au fait que les carriers utilisaient les lits naturels de séparation des bancs de pierre (les filières). Les piliers mesurés, ont toutes des dimensions différentes (4m, 5m, 6m) sur une hauteur variant de 3m à 6m et plus encore dans les remontées de ciel (plus de 10m).

Mais cette méthode bien que dangereuse était aussi coûteuse en terme de perte de pierre. L'extraction fût alors menée plus précautionneusement, à l'aide de l'aiguille puis généralisé à la lance afin d'extraire toute la masse, en réalisant des tranches d'abord verticales (tranches de défermage) puis horizontales (le souchevage) le bloc délimité est ensuite détaché à l'aide de coins. Ce premier bloc est le "morceau de tiroir", il permet de rentrer dans la masse et ainsi de pouvoir attaquer le reste du front de taille.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, l'exploitation de la pierre est stoppée en 1939. Les établissements Brissonneau & Lotz, installés initialement à Montataire et spécialisé dans la construction mécanique, sont déplacés au Couvent afin d'éviter les bombardements. La société fabrique alors notamment le fuselage des "LEO45" (Lioré et Olivier 451), ces avions légers de bombardement, qui seront particulièrement utilisés dans les batailles de Mai et Juin 1940 dans le nord de la France.

En 1943, la carrière passe aux mains des allemands. Déjà repérée comme lieu potentiel de stockage, la carrière sous le nom de code "Leopold" devient une usine de montage de V1. Les pièces détachés proviennent alors d'Allemagne, de Peenemünde par trains et sont montés ici.

Devenue une cible prioritaire en 1944, d'intenses bombardements ont lieu entre juin et septembre 1944 sur Saint-Leu (c'est l'opération Crossbow), en vue de la destruction des lignes de communication et des usines de stockage des V1. Mais les allemands bien installés sur la rive opposée font des pertes considérables chez les Alliés. Le 05 août 1944 sont les bombardements les plus importants menés sur tout le département, la ville de Saint-Leu-d'Esserent est détruite à 85% elle est libérée en septembre. Les allemands font alors effondrer l'entrée du Couvent et tout un secteur près de l'entrée, afin que l'on ne puisse plus y rentrer.

Le 11 novembre 1948, la commune reçoit la Croix de Guerre.

L'exploitation reprise par Fèvre vers 1948 est faites dans la partie la plus éloignée de l'entrée, dans la zone que l'on appelle la Masse d'or. Ces quartiers ont été les derniers à être exploités. Longtemps pratiqué à la lance, il faut attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale, pour voir apparaître les premières haveuses électriques, alors rapportés d'Allemagne. L'extraction est réalisée dans le quartier Montanier, dont les blocs portent d'ailleurs cette appellation. On exploite dans le banc franc uniquement. Une rue est ouverte sur une largeur de 8m et autant en hauteur, l'avancement d'extraction est faites en gradin du haut vers le bas. La haveuse tranche les blocs qui sont enlevés puis amenés dans la galerie où se trouve l'atelier de débitage, représenté par une scie munie de plusieurs dents au carbure de tungstène. Le bloc est équarri sur un wagonnet qui lui permet de pivoter aisément. Les blocs sont enfin chargés par camions pour être sortis de la carrière.

La carrière est définitivement arrêtée en 1972.

Sources supplémentaires :

  • L'ancien prieuré de d'Esserent
  • Le Champignon de couche, culture bourgeoise et commerciale, récolte et conservation (page 15) - Jean Lachaume - 1882
  • Le courrier de l'Oise - 1912

Saint-Christophe

Locaux Galerie Saint-Christophe Effondrement Effondrement
Saint-Christophe

Notes Voici les locaux Saint-Christophe. Situé à la limite de l'effondrement généralisé qui a bloqué les accès de ce côté-ci. Toute cette zone est impraticable et aujourd'hui noircie. Bien que sur la superficie totale de la carrière ce genre de paysage, en effondrement, soit très rare, car le vergelé est une pierre assez dure, il arrive toutefois que le ciel lâche et en général c'est du gros !

Le seul cas "recensé" a été l'épisode du 22 février 2003 à Rambervillers à 21h41, séisme de 5,4 ressenti majoritairement dans l'Est de la France mais qui s'est aussi propagé jusqu'à Paris et quelques régions aux alentours, dont Saint-Leu. Bien que ce séisme n'est causé aucun dégâts majeurs, dans la carrière cela s'est traduit par une "langue" d'effondrement (en zone militaire) qui est venu entravé le passage principal (Cf: Dernière photo).

Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Suivez les chiffres : 1,2,3,4,6...

Voici le secteur Saint-Christophe, il s'agit de vastes secteurs en piliers tournés irréguliers qui ont servi pour la culture du champignon, comme en témoigne le badigeonnage au lait de choix sur les parois. Une grande partie est vide de tout sacs...

Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Bidons
Champignonnière
Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Puits carré
Champignonnière

Notes ...Quand une autre partie est encore bien conservée. Bien que je ne l'ai pas dit, parallèlement à l'exploitation de la pierre qui se poursuivait, la carrière servait déjà à la culture du champignon. Cette pratique est attestée très tôt à Saint-Leu.

Nombreux champignonnistes se sont succédés mais citons particulièrement Mr Maurice Hermant qui, s'etait associé à Mr Paul Valotte en créant en 1912 leur propre société intitulée juste "Valotte et Hermant" de culture, production et vente de champignons de paris dans les carrières de Saint-Leu à Saint-Christophe et Notre-Dame.

Cette culture a été permise en 1907 par un bail accordé par Mme Borde, et en 1911 par un bail accordé par Mr Ouachée.

Enfin, voici le seul puits carré de toute la carrière (Cf: Dernière photo), il permet de rejoindre l'étage supérieur, en vergelé, de la carrière Notre-Dame. Une chance que ce puits existe toujours car il se trouve a la limite de la zone d'effondrement. Il servait sans doute à la sortie des champignons, plus rapide, que de ressortir à Saint-Christophe. Cette théorie se confirme car on retrouve les mêmes noms de champignonnistes que se soit ici ou à l'étage (voir plus bas).

Outre ce puits, une partie du niveau supérieur de Saint-Christophe débordait sur les vides du Couvent, seul un puits permet de rejoindre ce niveau actuellement à 5m du ciel. Ce niveau rejoignait l'entrée où entre autre il avait été aménagé et consolidé, plus tard, par l'armée allemande comme casernement. Mais suite au sabotage, toute cette partie est effondrée.

Camion Cave du Transvaal Champignonnière Puits Zephirin Navarre Puits
Champignonnière

Notes Une champignonnière oblige à avoir plusieurs puits pour l'aération des cultures, ces puits ont donc été creusés par les champignonnistes comme en témoigne ce message sur une paroi Ce puit a été mis à jour par Navarre Zephirin, Navarre Victor, Duez Charles le 23 octobre 1895.

La famille Navarre était connue comme champignonnistes, Zephirin en particulier, né en 1866, il travaille pour Jouaud, avant d'être élu maire de la commune de 1939 à 1940.

Ce genre de puits "à coude" simple ou double est ce qui est le plus fréquent dans cette partie.

Piette Piette Piette Resusse / Delaire Beldame / Boucher Beldame Merlin Maurice
Signatures

Notes Qui dit champignonnière, dit signatures à foison. Les principaux cueilleurs sont les Piette et Beldame, ce sont eux qui ont écrit leurs noms un peu partout. Ailleurs ils ont également travaillés à Thiverny. On peut lire Piette Roger âgé de 13 ans, Piette R. 1928 3ème aviation Versailles, Beldame Robert 1931 Cueilleur, Boucher Sylvain 1931, cueilleur, Le 12 octobre 1913 Merlin Maurice, cueilleur et enfin 1931 Beldame Robert 25 Fevrier Cueilleur, Delaire André 1931 reterreur. Robert Beldame est né en 1902, Sylvain Boucher est né en 1885. Dans ces signatures, il y a cette volonté de vouloir écrire son nom, et de montrer que l'on a travaillé ici, mais également il y a cette distinction sur le métier. Ils sont tous cueilleurs, ce sont tous des employés mais il y a aucun nom des patrons.

Le reterreur, est un terme spécifique lié au métier de champignonniste, donc en cherchant ce terme aujourd'hui on ne trouve rien. Comme son nom l'indique le préposé est chargé de reterrer, c'est à dire remettre de la terre, plus précisément reboucher les trous, qui ont été fait sur la couche par l'extraction des rochers, des souches de champignons murs ou attaqués par la molle. Le reterrage se fait avec la même terre utilisée pour le goptage.

Signatures Signatures Ballot / Gustave Emile Lecocq
Signatures

Notes Mais il n'y a pas eu que des champignonnistes, il se trouve une foule de signatures sur plusieurs époques (Emile Mercier né en 1865, il est carrier, Ferdinand Leffauconnier né en 1824, il est tailleur de pierres) et des jeunes ou très jeunes (vu ci dessus) comme ce Emile Lecocq âgé de 18 ans. Il est né en 1896, il est champignonniste et travaille pour Valotte.

Signatures Comptage Comptage Fumeur de pipe Têtes Dessin
Signatures

Notes Il est écrit : Le jour des cendres le 26 février 1873. Le mercredi des cendres est une célébration religieuse qui a lieu le lendemain du Mardi Gras. Ce jour marque l'entrée en Carême, qui va durer 40 jours afin de se préparer à la fête de Pâques. Durant ce jour une messe est dites où le prêtre trace une croix de cendres, issue de la combustion de rameaux, sur le front des fidèles en prononçant un verset de la Genèse : "C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière".

Pas loin se trouve ce système de comptage archaïque que l'on a déjà vu ailleurs.

Noel Franc 1841 Patinette Fernand Muller 43 Boche 43
Divers

Notes Deux dessins de casques allemands tous deux datés de 43, serait-ce le même auteur ?

Karnten Paysage Sortie 1708 1714 Dessin
Divers

Notes Ce premier dessin est l'héraldique de la Carinthie, il s'agit d'un land (état) en Autriche.

Ce second dessin représente un paysage avec une église et un arbre presque aussi haut.

Ce troisième dessin est plutôt clair, il indique la sortie, nous sommes déjà loin de l'entrée, mais pas non plus tout au fond encore.

Ces deux dates suivantes (1708 - 1714) sont les plus vieilles retrouvées au ciel.

Ce dernier texte indique A la mémoire de ma grand--mère adorée Paulette Ledoux née Krasi en 1919 le 17 juin. Elle vécue 97 années. TB.

Zone militaire

01 02
Pièces
Barrière Fléchage Rampe
Militaire sud

Notes Ces trois pièces à l'entrée de la carrière servaient de lampisterie et sans doute de vestiaires.

On retrouve deux types de flèches dans la carrière, en vert pour rejoindre les ateliers du fond, en rouge pour vous ramener à la sortie. On en verra d'autres quand on ira du côté de la masse d'or.

Malheureusement ces zones se situant près de l'entrée, et favorisées par l'attrait militaire ont amenés beaucoup de passage mais aussi des incendies qui ont noircis plusieurs galeries.

Murs Murs Puits Grille Pilier Pilier
Zone militaire

Notes Les aménagements allemands se traduisent, par ces murs en pierres sèches qui ont été montés afin de cloisonner tout le secteur militaire, c'est à dire tous les premiers quartiers de l'entrée. Les puits sont protégés, le plus souvent par des murs et se trouvent en hauteur, pour éviter l'effet de souffle, ce qui fait qu'il est impossible de les voir depuis le dessous.

Plus loin se trouve ce pilier de renfort, mais celui-ci souffre d'une grande fissure...qui n'a jamais bougé depuis tout ce temps.

1 2 3 363A 611B 694
Zone militaire

Notes Ce qui caractérise le mieux le secteur militaire est la numérotation des piliers, elle va de 1 à 694, avec quelques ratés de numéros par endroits. Toute la zone au sol est cimentée avec un écart de 60cm au niveau de la masse.

01 02 03 04
Zone militaire

Notes On a batpisé quelques galeries en allemand :

  • 01 : Hindenburgufer
  • 02 : Waitzstr
  • 03 : Esmarchstr
  • 04 : Pas bien lisible
Armoire Armoire Armoire Armoire
Armoires

Notes Ces rangements surélevés servaient d'armoires à détonateurs. Elles sont ravagés par les tags aujourd'hui.

Fontis V1 V1 V1
V1

Notes Le seul vestige de V1, n'est plus qu'un amas de tôles rouillées.

Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Ces quartiers semblent plus anciens. Les piliers tournés ont des formes aléatoires mais au fil de la balade, cela s'arrange et devient de plus en plus alignés. Les zones qui servaient de champignonnières n'ont jamais resservies.

685-686-693 611-612-613 251-252-253
Piliers tournés

Notes Des alignements de chiffres

Juin 63 Les trois têtes
Dessins

Notes Le premier est devenu illisible, il est daté de Juin 1963, on y voit un texte à gauche et un personnage à droite. Le second représente trois têtes de profil portant des fez. Ce couvre chef masculin est d'origine de la Grèce Antique et principalement porté par les grecs, les turcs, les arabes, les berbères et les levantins (Source Wikipédia).

Atelier Pilier Atelier Fontis Cloison
Militaire sud

Notes Cet atelier se trouve vraiment excentré, il se divise en deux grandes salles. Juste à côté se trouve cet espace cloisonné où s'érige un gros pilier de renfort au centre (comme le pilier fissuré vu précédemment). En effet il faut franchir une petite porte pour comprendre pourquoi ce secteur est si bien conforté, il s'y trouve un énorme fontis à ciel ouvert. Il est fort possible que celui-ci était existant à la construction des cloisons.

Benne Benne Galerie Effondrement Tableau
Divers

Notes Ce petit secteur se trouve à la limite de la masse d'or, mais en dehors de la zone militaire et de Saint-Christophe. On y trouve le seul vestige ferroviaire, dommage qu'il manque le châssis.

La masse d'or

Entrée Signatures Sortie
Masse d'or

Notes La masse d'or est le quartier d'exploitation le plus éloigné de l'entrée, c'est aussi là que se trouve les derniers chantiers. Nous sommes à plus ou moins un kilomètre de l'entrée et il en reste presque autant pour aller tout au bout. Ce quartier lointain représente la moitié de toute la carrière, c'est dire comme il est grand, il est pourtant déjà exploité au début du 18ème siècle, alors que les piliers s'alignent presque il est cependant laissé d'énormes masses non exploitées.

On accède à la masse d'or en suivant les flèches vertes qui nous amène dans les chantiers du fond et on en ressort en suivant les flèches rouges : il y a uniquement deux galeries qui pénètrent dans ce quartier.

Le nom de Masse d'or est ce que l'on peut lire à l'entrée, c'est le nom que les carriers ont donné. Faut il y voir un quartier dont la pierre est riche et de qualité, ou plutôt faisant référence à la couleur de la pierre ? En tout cas les galeries sont plus hautes et exploitent tout le banc.

Juste après, gravés dans la pierre sont nommés les officiers allemands prenant possession de la carrière : A Waldbach, G Chrabasik le 07 Novembre 1943 à 12h35.

Galeries Galeries Galeries Galeries Galeries Galeries
Galeries

Notes Voici un bon aperçu des galeries de circulation. On voit (Cf: Première photo) que celles-ci étaient bien plus basses avant, au vu de l'emplacement des fléchages. Cela zigzague entre les piliers quand ca ne monte pas ! Sur cette avant dernière photo, j'ai mesuré 12m de haut.

Puits Camion Robinson
Galeries

Notes Même si il ne reste plus aucun vestiges il y avait bien de la culture de champignon ici, certaines galeries gardent les traces de chaux sur leurs piliers. Sans doute que ce fût assez restreint, il n'y a que 4 puits dans cette zone et sont bien dispersés. Lâchement abandonné, se trouve ici aussi un camion qui servaient pour les champignonnistes.

On lit : Les champignonnistes Robinson né à Malplaquet département du Nord, Belledame Dominique né à Saint Leu d'Esserent le 24 Octobre 1896.

Dessin Dessin Dessin
Dessins

Notes Des dessins plutôt parlant. Montre moi tes fesses je te dirais qui tu es.

Si vous me cherchez, je suis sorti (à droite donc).

Je n'ai pas fait allusion à la zone dite confinée, qui est fermée par une série de murs et dont se trouve un effondrement au centre. Il s'agirait en fait d'une zone soigneusement calculée, où cet effondrement aurait été provoqué afin d'y ensevelir pour toujours les derniers "secrets", sans doute militaires, que l'on ne pouvait emmener. Ca rigole moins d'un coup !

Tordu Tordus Vive les normands Brochot Moustachu Fumeur
Signatures

Notes Quelques signatures militaires dont celles du 26ème (Les Tordus) et 32eme (Les Normands) RT (Régiment de travailleurs).

Thiverny 1739 1714 1751 Borde
Signatures

Notes La plus vieille signature vue est datée de 1714, à côté d'un 1716. A côté du confinement, un Thiverny 1739, ce n'est pas la ville, mais bien un nom. Bien plus caché et en hauteur plus loin on trouve : Ecole Royal Mre 1751. Il s'agit de la construction de l'Ecole Militaire fondée par Louis XV en 1750 et donc construit un an plus tard.

Enfin ce dernier message est sans doute le plus intéressant, il faut lire Borde commi de M. Ouchée, il faut comprendre Mr Ouachée. Non daté, cela remonte sans doute à l'époque où Mr Borde n'était pas encore exploitant mais un simple carrier et travailler déjà pour Mr Ouachée.

Galerie principale Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Rampe Front de taille
Piliers tournés

Notes Voici la galerie principale (Cf: Première photo) desservant un quartier d'exploitation d'à peu près 13 piliers de longs sur 5 de larges assez vieux exploité sans doute par Charles Leroux au début du 19ème siècle. Bien que les piliers soient presque réguliers ils ne sont pas tous alignés.

Cette première galerie offre un beau contrefort naturel de trois piliers carrés sur une face de masse. On extrait les pierres par galeries séparées par des piliers tournés, en laissant en outre de petits pilier ou contre-forts appuyés sur les murs et nommés tauquettes par les ouvriers;.

Les photos suivantes montrent un peu plus loin des galeries dont les piliers sont légèrement inclinés, on ne retrouve cela qu'ici. Au bout de ce secteur se trouve encore un mystère, cette rampe accolé à un pilier que personne ne s'explique, car elle est complètement isolé et ne peut correspondre à une installation militaire. Cette rampe en béton est munie d'un maillage en barres qui pourrait laisser supposer que cela servait de stockage avec le besoin d'avoir une alimentation par gravité.

Enfin cette dernière photo montre un front de taille dont on retrouve le même aspect que la première photo. En bas on peut observer une ré-exploitation à la haveuse au niveau de la base de la masse. C'est étrange quand on sait que les chantiers à la haveuse sont situés beaucoup plus loin. Mais c'est confirmé avec la date de 1947, on se demande ce que Fèvre est venu faire ici.

Diplôme Amand Courtois
Amand Courtois

Notes Il est écrit : Amand Courtois a fait son aprentisage dans la carrièrre le 17 Décembre 1853 à l'âge de 20 ans et cinq mois jusqu'au 17 Février 1854 à.

Cheret Copeau Gatellier Gatellier Drouart Tribout Cochet
Signatures

Notes Que des noms de carriers, un vrai livre d'or.

Cocu Kuyaut Cheret
Signatures
Vive le pinard Gatellier Troppmann
Dessins

Notes Encore d'autres signatures, le dernier est le plus intéressant, c'est le plus vieux on lit à l'envers Fait par Jean Louis Cheret 21 Fev 1818.

L'affaire Troppmann est le fait divers criminel le plus connu du 19ème siècle, il concerne Jean-Baptiste Troppmann, jugé coupable de huit crimes au sein de la famille Kinck tous retrouvés mutilés et enterrés. Il sera guillotiné en place publique le 19 Janvier 1870.

On ne recois aucune embauche Ferdinand Faux Ferdinand Faux Soldat Scène rurale Dessin
Divers

Notes La signature au ciel de Ferdinand Faux datée de 1824 et son dessin représentant une liste d'outils de carriers, juste à côté un soldat tenant son fusil rappelant le soldat du Premier Empire, enfin un dessin beaucoup plus soigné représentant une scène rurale, un fermier avec un cochon et sa femme portant une grande robe. Cela ne parait pas mais ce dessin est assez grand en vrai.

Auberge des Taupes Horaires Entrée des artistes
Quartier Fevre

Notes L'arrivée dans le quartier Fèvre est marqué par des indications en bleus et par ce coin de repos nommé simplement "l'Auberge des Taupes" où l'on nous souhaite la bienvenue.

Puits / Transfo Haveuse Pilier rond
Transfo

Notes C'est par ce puits qu'arrive l'électricité, à l'extérieur il débouche à l'intérieur d'un poste électrique.

Avec l'électricité, c'est l'ère de la haveuse. Ici un vieux modèle dont il ne reste que le châssis mais qui devait provenir de chez Korfmann. A côté la seule "consolidation" moderne en béton qui ne touche, même plus le ciel.

Devilliers Drouart Courtois Moreuil Cesar Célestin Célestin
Signatures

Notes Quelques signatures avec des noms que l'on a déjà vu auparavant dont Amand Courtois qui était déjà là il y a 13 ans.

On lit dans cet encadré : Cerar Jules à Saint Leu ce 15 Décembre 1867.

Et plus loin a deux endroits différents, espacé d'un an la belle signature de Gérard Célestin de la classe 1867.

Rue Paul Fèvre Rue Paul Fèvre Rue Paul Fèvre Rue Paul Fèvre Rue Lernould Rue Maurice Fèvre
Rue Fèvre

Notes Voici a présent le quartier moderne. Les galeries ouvertes sont nommées en l'occurrence en hommage aux exploitants, Rue Paul Fèvre, Rue Maurice Fèvre, mais aussi Rue Lernould, Rue Bourchy.

Entre cette première photo et la seconde, presque dix ans d'écart ! C'est LA photo du gros coup coeur à l'époque avec les moyens du bord pour éclairer de tels volumes. Aujourd'hui c'est quand même plus simple, on se fait vieux !

La galerie Paul Fèvre est choisie pour accueillir l'atelier de taille, elle est donc équipée d'un atelier de débitage, chaque pilier est renforcé par des murs de soutien, des poutrelles sont implantés en hauteur pour la circulation du pont roulant qui amènera les blocs à la découpe.

Commande du treuil Moteur Scie Scie
Débitage

Notes On peut encore lire les commandes du treuil et voir le moteur qui manoeuvrait le plateau tournant où était déposé le bloc. La lame de scie au carbure de tungstène, se déplace au fur et à mesure des visites, elle pèse son poids !

Portrait Portraits Portrait Portrait
Dessins

Notes Les quelques dessins du secteur, cela devient rare, mais on peut y voir le seul en couleur (Soufflot Maurice - Charlot Bourguignon).

Voiture Paysage moderne Masse en ciel Front de taille
Galeries

Notes Voici un aperçu des galeries aux alentours, c'est très moderne, on débite le banc entier sur une hauteur de 10m avec une ouverture de galerie large de 4 à 5m. Les blocs sont taillés à la haveuse et décrochés à l'arrière par des fleurets.

Faucille et marteau Galerie Galerie Galerie Galerie
Galeries

Notes Quelques galeries sont pourtant taillées différemment, en effet on a utilisé une fraise pour gratter le ciel et la partie haute des piliers, c'est esthétique, mais pourquoi ?

Galerie Galerie Galerie Galerie Galerie Galerie Galerie
Galeries

Notes Voici les dernières galeries, elles sont moins larges mais très hautes, il n'y a pas encore de recoupes, on voit très bien le sens d'avancement. Ce puits (K) est l'endroit le plus loin dans la carrière. A contrario de l'autre côté, les premières recoupes sont pleines de stériles, la galerie est bouchée de remblais mais donne plus loin dans les échafaudages en hauteur, assurément ici était le dernier chantier.

Agrégat
Agrégat

Notes En plus de fournir des blocs, Fèvre vendait également un agrégat calcaire, sous forme de poudre, utilisé par les champignonnistes ou comme complément sur les terrains de tennis, ce que fait encore Ouachée et Corpechot aujourd'hui.

Carrière Notre-Dame.

Puits Murs Murs Cave Tableau
Notre-Dame

Notes Le puits ressort timidement au sol de la galerie entre les buses et presque caché par l'effondrement derrière.

Dans ce qui n'est pas tombé, il reste des cloisons en moellons, et des indications de caves dont ce Cave de Banade et à côté un tableau daté de 1937 (juste avant la Seconde Guerre Mondiale).

Galeries Beldame / Boucher Beldame Merlin / Boucher Boudettes Lecocq Label Gabriel
Champignonnière

Notes Les galeries trahissent d'une ancienne culture de champignon en meules, ce qui prouve de leur ancienneté.

Au delà de cela, nous retrouvons Merlin Maurice et Boucher André le 25 Juillet 1913 (Juste avant la Première Guerre Mondiale), Beldame et Boucher Sylvain daté de 1931 (déjà vu en dessous), plus loin Beldame Henri, Brice Alphonse en 1909, Label Gabriel (déjà vu à Saint-Christophe). Mais également notre Emile Lecocq 1913. Bref que des stars !

Effondrement Effondrement
Effondrement

Notes Ces galeries ayant subies de plein fouet les bombardements, elles sont en très mauvais état ou alors complètement effondrées.

Saint-Maximin

Saint Maximin ou la cité de la pierre dont les deux tiers du village ont servi et sert encore à l'extraction du calcaire. Les principales sociétés ont été :

  • Daubin
  • Fèvre & Cie
  • Civet & Cie
  • Ouachée & Corpechot.

Carrière Parrain ou Parain.

La carrière souterraine Parrain est ouverte à la fin du 16e siècle. La pierre calcaire y est extraite manuellement, selon la technique du pilier tourné, par gros blocs destinés à la construction de Paris et des environs. Elle couvre à l'origine 10 ha, mais le passage de la ligne ferroviaire sur la commune en 1859 fait disparaître près de 6 ha. L'extraction se poursuit jusqu'en 1925. La carrière souterraine est ensuite adaptée pour accueillir une champignonnière (création de cellules) jusqu'en 1993 : les conditions de fraîcheur (12 degrés toute l'année) et d'hygrométrie (80%) étant idéales pour cette culture. La carrière sert également d'abri durant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Un atelier de carrosserie automobile est ensuite installé à l'entrée de la carrière Parrain. La Maison de la Pierre du Sud de l'Oise, association de préfiguration de l'établissement public de coopération culturelle, valorise conjointement avec la commune de Saint-Maximin ce lieu en présentant son histoire à travers les différentes techniques d'extraction dans les carrières, les fossiles, les différents modes de culture du champignon. La galerie du Front de Taille dont la première pierre a été posée en janvier 2010 doit son nom au parement de pierre extérieur rappelant les fronts de taille des carrières à ciel ouvert. Elle couvre une superficie de 400 m². Elle a été inaugurée le 8 juin 2011 et est dédiée à l'accueil de manifestations culturelles, d'expositions, de conférences et de concerts.

Sources : Bruno Croizé : Inventaire Hauts de France

La carrière Parrain se situait à l'arrière de la ferme Lamy, elle appartenait à M.Poulin mais elle a conservé le nom de son ancien propriétaire. La ferme est aujourd'hui réutilisée par la Maison de la Pierre.

Si vous passez dans la région, n'hésitez pas à rencontrer une équipe formidable qui vous fera visiter cette carrière et connaître toute l'histoire de la pierre de la région !

Une seule adresse : Maison de la pierre

Treuil Treuil Treuil Treuil Treuil
Treuil

Notes Ce treuil est la reconstitution du treuil provenant de la carrière Sarazin.

Cric Crapaud Taillant Découpe à la lance Scie crocodile Pince Coins
Outils

Notes Tous les outils sont encore présents et en état pour décrire l'extraction d'un bloc.

Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière Champignonnière
Champignonnière

Notes Une grande partie de la carrière a été utilisée pour la culture du champignon. Sur l'avant dernière photo, on voit les trois types de cultures qui ont existé : en meules, en bacs et en sacs.

Consolidation Consolidation Consolidation
Consolidations
Puits
Puits
Marquage
Marquage

Ce bout de carrière faisait initialement partie de la carrière Parrain, avant qu'elle soit coupée par le tracé de la voie ferrée.

Hagues Hagues Hagues Pilier Galerie
Carrière Civet

Notes Ces galeries sont vraiment anciennes et cela n'a rien à voir avec les galeries Parrain. Tout est exploité en galeries et hagues et bourrages, comme à Paris !

Une première carrière, assez vieille et petite creusée dans un banc dur, très coquillier qui tient encore debout grâce à quelques piliers tournés. Depuis ma visite, elle s'est effondrée.

Entrée Pilier à bras Pilier à bras Pilier à bras Pilier à bras Henri Chepenier
Carrière Daubin

Un peu plus loin, une autre carrière du même style, légèrement plus grande mais cette fois en plus mauvais état, la pression fait exploser les piliers à bras, les hagues s'affaissent, le ciel déjà pas bien haut craque et se fissure. On s'étonne que cela tienne encore !

Entrée Pilier de consolidation Pilier à bras Pilier à bras Pilier à bras
Carrière Daubin
Pilier à bras Hague Pilier à bras Boisage Bloc
Carrière Daubin

Notes On s'étonne de trouver encore un bloc dont la dimension semble disproportionné par rapport à la taille de la galerie. Les piliers à bras sont terminés avec des blocs de plus petite taille, voilà pourquoi cela ne tient plus ! Dans les hagues on aperçoit également un pilier à bras.

Ce tunnel taillé par Fèvre dans la masse desservait deux carrières (celle de la Dona Maria en souterrain et celle de Letelier à ciel ouvert) et permettait de rejoindre directement la gare d'expédition. Un embranchement souterrain permettait de se diriger vers la carrière adéquate. Le tunnel creusé plus ou moins long de 600 à 800m est maintenant fermé vers la carrière Done Maria et effondrée vers celle de Letelier dû à l'exploitation à ciel ouvert. Le tunnel est massivement renforcé avec des renforts en moellons car une route passe au dessus.

Arches Arches Arches Meules
Tunnel Fèvre

Notes Ces que l'on voit au sol ce sont des bobines de films

Ce tunnel permettait le passage du "Coucou", une loco Decauville, pour la carrière Civet. Le tunnel n'est pas effondré mais bouché à quelques mètres de l'entrée afin de soutenir la route au dessus. Juste à côté se trouvait également le tunnel de la carrière Robert où circulait une grue à vapeur.

Tunnel Civet Tunnel Civet
Tunnel Civet
Tunnel Robert
Tunnel Robert

Carrière Ouachée. C'est une très grande carrière d'environ 70 hectares, qui a été exploitée depuis le 17ème siècle en souterrain (Banc de Saint-Leu) puis aujourd'hui encore à ciel ouvert (Vergelé, Liais). Une première société est crée en 1820 par Léon Ouachée, puis en 1932 la société est fusionnée par le rapprochement des familles Ouachée et Corpechot.

Ce grand espace est aujourd'hui la réunion de plusieurs carrières :

  • En souterrain : la carrière Chapotel, la carrière Neuve, la Petite carrière, la carrière Imbert
  • A ciel ouvert : la carrière Bigorne, la carrière Pageot, la carrière Mallimabure et la carrière des 14 Arpents.

On retrouve donc plusieurs styles bien marqués, une première partie assez haute mais très petite, assez moderne, et une seconde plus basse, plus classique dirons-nous mais beaucoup plus étendue. Cette partie a été massivement ré-utilisée en une énorme champignonnière divisée en plusieurs caves.

Les deux parties sont séparées, d'une entrée de cavage chacune, une autre sortie débouchait quand à elle vers l'Oise d'où les blocs pouvaient être acheminés directement par bateaux.

La carrière sert aujourd'hui à la restauration de tous les monuments et bâtiments de Paris, les blocs sont aussi beaucoup revendus à l'étranger (on l'appelle alors "La Pierre de Paris"). Pour anecdote, c'est ici que provient la terre utilisée pour produire la terre battue de Roland Garros la marque : le "Tennisol" est produite en partie grâce au concassage de la pierre calcaire.

Galerie Principale Confortations L'escalier en pierre Cabine
Galerie Principale

Notes La galerie principale est en fait une galerie de jonction entre la partie moderne et la partie ancienne. La partie moderne a été taillée a la haveuse, dans cette partie on se croirait dans la Masse d'or (St Leu d'Esserent).

Infiltrations d'eaux Le volcan
Infiltrations
Piliers maçonnés Piliers maçonnés
Piliers maçonnés

Notes Au dessus se trouve le chantier de taille des blocs, l'eau et la sciure issue de la découpe des blocs sont envoyées vers la carrière souterraine, ce qui a pour effet de remplir les galeries de boue (comme de l'injection) effaçant ainsi certaines inscriptions sur les murs.

Pilier rond
Pilier rond
Les chantiers
Les chantiers
Outillage
Outillage
Identification des Caves Identification des Caves
Identification des Caves
Portail
Portail

Notes Un petit récapitulatif des caves que j'ai pu trouvé, mais il y en a tellement ! On remarque deux types d'inscriptions, celles écrites en rouge sanguine et d'autres en noires pochoir.

La "toise" est une unité de mesure d'à peu près 1,80m. On peut donc en déduire la taille de la cave, on retrouve également des informations sur la date de lardage, l'année (toutes de 1907) et même le nombre de champignons. Sur l'un des murs on y voit encore un tableau récapitulatif, trié par mois, avec le relevé en fonction des jours.

  • Cave du Soleil - 124 toises
  • Cave de la Lune - 115 toises
  • Cave des Etoiles - 146 toises
  • Rue N°3 - 108 toises
  • Rue N°4 - 104 toises
  • Cachot Alida - 65 toises
  • Cave Marguerite
  • Cava Madagascar
  • Cave Chapotel
  • Cave du Petit Jacques
  • Cave du Petit Jean
  • Cave Moise
  • Cave Eugene
  • Cave Elizabeth
  • Cave du Puits
  • Cave Cabaret
Maçonnerie allemande Mur maçonné Cave Moise Champs de sacs
Champignonnière
Culture sur deux niveaux Culture intensive ! Gaine de ventilation Cagettes empilées
Champignonnière

Notes C'est simple : il y a des sacs partout ! Cela devait être une champignonnière très importante.

Numérotation et indication des caves Chambre de culture Radiateur Camionnette Chaudière Balances Installation
Installations diverses

Notes On y retrouve toutes les installations classiques de champignonniste : chaudière, panneau de commande de la ventilation/chauffage, bureaux et même château d'eau.

Obus
Obus
Marquage
Marquage

Notes La carrière a été utilisée par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, il y a beaucoup de ré-aménagements, au point de vue maçonnerie (piliers maçonnés), quelques indications d'une présence militaire et le reste d'un obus. C'était une position stratégique, pour défendre le transport des V1 (sur l'autre rive, à Saint Leu) où ils étaient montés.

Les numéros peuvent également faire penser à une signalisation/marquage allemand.

Passage interdit Ciel ouvert Baraque Ciel ouvert Ciel ouvert Galerie Ripple mark
Carrière

Cette ancienne carrière a été creusée dans le banc de Saint-Leu. Par la suite elle fût reprise à ciel ouvert par la société Civet-Pommier. Quand l'extraction fût définitivement terminée, la partie souterraine servie de champignonnière quand la partie à ciel ouvert fût entièrement abandonnée.

Auparavant cette carrière faisait partie de l'ensemble des Caspernets, elle était relié à la carrière Parrain, Civet Pommier, la Tranchée.

C'est monsieur "Poulain" Gandrille, qui fît la culture de champignons sous le nom de Champimax pendant un peu plus de 30 ans. Elle fût arrêtée en 1999. Depuis 2018, la carrière à ciel ouvert a été entièrement remblayée et l'accès à la carrière souterraine, disparue. Ce qui ne laisse plus aucun moyen de surveiller les vides qui s'étalaient presque jusqu'au château Civet.

Piliers maçonnés Chaudière Atelier Cric Champimax
Carrière

Saint-Vaast-les-Mello

Ses carrières sont exploitées par la puissante societé Civet, Crouet et Gautier à ciel ouvert comme en souterrain. Aujourd'hui en grande majorité les parties souterraines ont été ré-exploitées et il en résulte une immense carrière à ciel ouvert, où la végétation reprend ses droits petit à petit.

L'impression est saisissante et immédiate : une immensité a été arrachée à la terre, les dimensions sont hors normes et me font me sentir tout petit, les fronts de masse gigantesques aux couleurs éclatantes de jaune au rouge ocre, révèlent toute leur beauté par beau temps. Tout me parait démesuré et presque inconcevable. Je plonge, dans ce lieu partiellement en ruine, où des centaines de blocs imposants noirci par le temps attendent un futur improbable. Tout a été effacé par le temps, les traces industrielles ou humaines ont malheureusement disparues, et seule la pierre, témoigne encore aujourd'hui.

Carrière du pont Carrière du pont
Carrière du pont
Arc de Triomphe
Arc de Triomphe
Hangar
Hangar

Notes Voici la partie la plus "parlante" de la grande carrière, c'est une belle coupe géologique du lutétien de l'Oise. A la base se trouve le banc de Saint Leu, surmonté de vergelé et lambourdes, puis du Liais et enfin des marnes et caillasses. On y voit les différents stades d'exploitations, mais surtout la hauteur de masse calcaire qui a été extraites, c'est plutôt faramineux.

Si cette masse a été délibérément laissé, c'est parce qu'un chemin vicinal passait autrefois dessus.

Ce rognon que nous appelons "l'Arc de Triomphe" dû à sa forme, est un rognon de pierres de mauvaise qualité, que les carriers ont laissé en place.

Tunnel voûté
Tunnel voûté
Consolidation en bois
Consolidation en bois
Dessin 1
Dessin 1
Dessin 2
Dessin 2

Notes Dessin 1 : il faut lire "Celui qui a écrit cela est un con" signé par Petit.

Dessin 2 : Il est dessiné une personne manipulant une machine peut être une haveuse.

Champs de blocs Bloc Avant Après
Champs de blocs
La bascule
La bascule

Notes Il y a ici des centaines de blocs en attente.

La bascule servait à peser les camions chargés de blocs.

Rognon
Rognon
Front de taille
Front de taille
:)
:)
Pilier de masse
Pilier de masse
Blocs Blocs Blocs
Blocs
42846
42846

Notes Des blocs partout !

Chaque bloc est numéroté, grâce à ce code on peut connaître sa dureté, l'année d'extraction, ses dimensions et son poids. Chaque bloc est classé par qualité de pierre.

Pilier tourné
Pilier tourné
Moellons Moellons
Moellons

Notes Si l'on regarde bien, il reste encore quelques parties souterraines, où s'entassent des milliers de moellons.

Front fissuré
Front fissuré
Calcaire ferreux
Calcaire ferreux
Transformateur
Transformateur

Notes L'ancien transformateur électrique de la carrière (il y a des ruches à abeilles dedans...)

Wagonnet Wagonnet
Wagonnet
Système de freinage
Système de freinage

Notes Actuellement c'est le seul vestige industriel.

Il s'agit de la carrière Magenta, pas bien loin de celle à ciel ouvert, très affectée par les effondrements, à l'intérieur se trouve trois camions de marque Willème et un Mack également en mauvais état.

Entrée
Entrée
Camion
Camion
Remblai
Remblai
Scie circulaire
Scie circulaire

Notes Dés l'entrée cela annonce la couleur, ca s'effondre bien comme il faut. La faute à un recouvrement plutôt faible.

Rue Marceau
Rue Marceau
Ciel fragile
Ciel fragile
Renforts
Renforts

Notes Voici la seconde entrée, ici aussi le ciel de carrière est en piteux état malgré les renforts.

Les accès sont aujourd'hui remblayés et perdus, pourtant une fois dedans c'est le grand étonnement, les galeries sont hautes, (cela ne parait pas depuis l'extérieur) et alternent entre une partie ancienne (à la lance et l'aiguille) et moderne à la haveuse.

Renforts
Renforts
Entrée officielle
Entrée officielle
Effondrement
Effondrement
Chantier de la misère
Chantier de la misère

Notes Près de la taille moderne, des renforts sont installés au ciel ainsi que des boulonnages.

L'entrée officielle est aussi fortement consolidée, pourtant il y a un énorme fontis qui la menace à quelques dizaines de mètres. Cette galerie se poursuit et se termine sur du remblai, sans doute débouchait-elle dans une autre partie de la carrière ?

Cela ne parait pas mais dans cette galerie de piliers tournés (Cf: Effondrement) il y a eu un important décollement de ciel sur une longue partie, ainsi que des effondrements de blocs aux dimensions gigantesques, cela a dû faire un sacré bruit en tombant ! Voilà peut être ce qui explique le nom de certains chantiers et la fin de l'exploitation.

Piliers
Piliers
Tableau de carrier
Tableau de carrier

Notes Dans cette partie de la carrière on a ré-exploité le sol de carrière (Cf: Piliers) pour le banc de Saint-Leu, en surcreusement, on voit nettement la différence de taille à la haveuse en bas et à la lance en haut. Du coup cela donne des hauteurs plus importantes mais cela fragilise aussi les piliers.

Sur les parois se trouvent de nombreux tableaux de calculs de blocs et des dates, visiblement l'exploitation s'est arrêtée dans les années 70.

Front de taille
Front de taille
Stock de rails
Stock de rails
Treuil
Treuil

Notes Il reste quelques bouts de rails et une sorte de treuil encore bien fixé au sol avec son câble.

Celle-ci est également cachée dans la végétation, elle est moins grande mais presque aussi haute. Elle n'a pas subit les traces de la modernisation, mais elle a accueillie une champignonnière, dont les traces sont très approximatives aujourd'hui. Ce bout de carrière est très fragilisé, il y a une partie très instable et de nombreux ciels ouverts, quand ce n'est pas un fontis qui est en train de se former, les blocs tombent.

Galerie principale
Galerie principale
Reflet
Reflet
Effondré
Effondré
Puits de lumière
Puits de lumière

Notes Aux abords cela s'effondre de partout.

La rampe
La rampe
Etai Etai Etai
Etai

Notes A l'entrée de cette galerie se trouve une rampe formée de grosses poutres en bois amenant dans ce secteur fortement consolidé par des étais, dont certaines sont plutôt esthétiques.

L'entre deux
L'entre deux
Chandelle de bois
Chandelle de bois
A terre
A terre

Notes Quelques mètres plus loin on retrouve le même type de consolidations mais cette fois...à terre.

Thiverny

Ces carrières sont très vieilles, elles étaient déjà exploitées à l'époque gauloise. Elles se situent dans la continuité des bancs de Saint-Leu d'Esserent. On a tiré principalement du vergelé et du Saint-Leu, l'exploitation est menée au pic puis à l'aiguille en suivant la méthode des piliers tournés irréguliers.

Beaucoup plus tard la carrière a servie de champignonnière, vers 1908 et la dernière activité de 1978 à 1989 visiblement; de cette activité tout a quasiment disparue, il ne reste que gravé dans la pierre des tableaux de comptage et quelques cloisons et bâches.

Cette carrière de taille moyenne a un développement rectangulaire s'enfonçant vers l'Ouest, on compte une vingtaine de piliers en longueur sur quinze de largeur approximativement. Deux bouches de carrière sont ouvertes : la vieille bouche et la bouche neuve.

Bouche neuve Ciel
Bouche Neuve
Piliers tournés irréguliers Piliers tournés irréguliers Ciel Ciel
Vieille bouche

Notes Près de l'entrée neuve, un énorme pilier de consolidation a été érigé et à côté une cuve à mazout surélevé sur trois murets en moellons. J'ai mesuré cette remontée de ciel à 12m mais près de l'ancienne entrée elle va jusqu'à 15m ! Mais observez au ciel (Cf: dernière photo), celui-ci a crevé la roche pour déboucher timidement au jour. De ce côté, toute la zone d'entrée est instable et il n'est pas dit que tout le coteau ne s'effondre pas totalement un jour ou l'autre. Le recouvrement plutôt faible aux entrées ne dépasse pas les 5m quand au fond il est de 20 à 30m.

On voit bien le chaulage régulier au niveau des piliers.

Piliers tournés Piliers tournés Masse en ciel Quai Cloison maçonnée Sortie Sortie
Carrière

Notes Vu l'irrégularité d'extraction, les piliers ne mesurent pas tous les mêmes dimensions, cependant on a tout de même respecté les hauteurs (6m à peu près constant) et l'espacement des galeries (6m). Les piliers sont larges de 3,5m à 6m.

Aucune chance de se perdre, il y a des inscriptions "Sortie" écrites un peu partout et en grand !

Front de taille Front de taille Front de taille Bloc Bloc Vergelé
Extraction

Notes On voit bien que les blocs extraient étaient très différents des uns des autres ! On remarque également une extraction en gradin.

Les blocs sont magnifiquement terminés sur chaque face.

La préfecture Chariot Galerie de recherche Martre
Divers

Notes L'appellation "La préfecture" à un croisement indique le centre de la carrière. La galerie est renforcée à cet endroit par un beau pilier maçonné, plus loin on tombe sur une sorte de chariot en fer, cela parait complètement artisanal !

Au bout on bute sur un long front de taille mais à un endroit une galerie de recherche à été creusé. Il parait qu'au bout cela ressortait au jour, mais depuis c'est effondré.

Au détour d'une galerie se trouve une martre en train de se décomposer. Bientôt on ne reconnaîtra plus rien

Blancs Vieille bouche Le puits Cave du renard Puits
Champignonnière

Notes L'ensemble de la carrière a servie pour la culture du champignon, elle comprenait 10 caves avec uniquement deux puits d'aération.

Ces caves s'appelaient : Cave de la Madelon, Cave du Renard, Cave du Milieu, Cave de la bouche, Vieille bouche, Rue Tournante, Cavée du puits Neuf, Cave de la Planète, Grande Cave, Cave Neuve. Le dernier tableau de champignonniste était daté de 1989.

Toutes les inscriptions faites à la sanguine datent de 1908-1909.

On le verra plus tard, malheureusement le chaulage des parois a effacé bon nombre de dessins et signatures !

Manesse Manesse
Manesse
Pezin Pezin
Pezin

Notes Voici les deux noms que l'on peut lire le plus souvent dans cette carrière : Manesse et Pezin, sans doute des champignonnistes

On lit :

  1. Manesse Alain embaucher du 13-7-67 au 10-1-69. Pezin Jean le 17-19-60 Fin
  2. Manesse Alain rentré chez Lelere le 13 Juillet 1964 à l'âge de 14 ans !!!
  3. Un dessin de Fezin Michel montrant un âne visiblement en train de faire ses besoins.
  4. Pezin Jean 45 ans le 28 Dec 1958 - Michel Pezin 17 ans - Jacques Caillot Classe 1958 - Et tout au fond : Robinson 1896.
Etoile Rose des vents Dessin Dessin
Dessins

Notes Cette première étoile, m'a beaucoup obstiné. J'ai longtemps cru qu'il s'agissait d'un signe témoignant d'une carrière Civet. C'est parce que j'ai déjà rencontré ce genre d'étoile et aussi bien reproduite dans d'autres carrières de cet exploitant.

Ce premier dessin montre une tête de profil ressemblant à un chasseur où il est écrit "qui est un nez" On remarque alors un nez allongé où on a redessiné une tête d'un animal avec des fleurs. A vrai dire en regardant bien cette image on découvre également des signatures, une gravure et un message en rouge superposés mais tout est presque illisible.

Enfin ce dernier dessin montre trois animaux semble t'il. J'ai failli passer à côté sans le voir alors qu'il tient sur toute une paroi ! Il faut éclairer très légèrement pour en concevoir les contours.

Dessin Dessin Dessin
Dessins

Notes A priori sans ouvrir ces photos vous vous dites qu'il n'y a rien à voir à part une paroi. Mais en fait il est écrit :

  1. Beldame Robert,Cueilleur ,Le 7 Mai 1981, jazz band - Moulin bleu
  2. Désiré Vandevelle entré le 29 Aout 1879
  3. L'atellier de Henry(Teury ?) 1738

Bien caché, en hauteur et à peine lisible, il faut bien ouvrir l'oeil pour débusquer ce genre de témoignage. Si cette date, est bien d'origine c'est la plus vieille que l'on puisse encore lire dans cette carrière.

Cette autre carrière exploitée au niveau du banc de Saint-Leu, est par endroit sur deux niveaux. Au vu de son aspect, on peut penser qu'elle a d'abord été exploitée à ciel ouvert puis approfondie en souterrain. Elle n'est pas extrêmement grande, de nombreuses bouches de cavages sont visibles et aujourd'hui avec cette végétation cela donne beaucoup de charme.

En partie reprise en champignonnière, au moins le niveau inférieur c'est à dire le plus accessible, le site est aujourd'hui à l'abandon et partiellement vandalisé.

Cavages Cavages Cavages Tunnel
Carrière

Notes L'exploitation continuée en souterrain a laissée plusieurs bouches de cavages sur deux niveaux.

Cavages Cavages Cavages
Carrière
Masse Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Ici on a exploité la masse sur toute sa hauteur, ce qui donne ces dimensions impressionnantes, le ciel est à 8m.

Il y a entre ces deux dernières photos prises au même endroit, neuf ans d'écart ! Cette avant dernière photo est d'ailleurs visible en "grand format" à la maison de la pierre à Saint-Maximin.

Galerie principale Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Principalement exploitée à la lance, en piliers tournés réguliers (3X3m), la carrière a servie par la suite de champignonnière. Malheureusement, certains secteurs ont subit des incendies ce qui a noirci tout le ciel.

Michel Pezin Tableau C'est fini
Divers

Notes On retrouve notre "Michel Pezin" déjà vu dans la précédente carrière.

Hague Pilier
Consolidations
Piliers à bras Piliers à bras Piliers à bras Piliers à bras Piliers à bras
Piliers à bras

Notes Dans une petite zone en mauvaise état se trouve de beaux piliers à bras et de consolidation. On se croirait presque sous Paris !

Guerre finie Lamy Julien Regnault
Signatures

Notes On peux lire :

  1. Guerre finie le 12 Avril 191..8 ?
  2. 6-1915 Lamy Il s'agit de la signature d'un champignonniste.
  3. Julien Regnault 1913 Un autre champignonniste ?
Galerie Piliers tournés Piliers tournés Ciel tombé Ciel tombé Ciel instable Ciel instable
Carrière

Notes Alors qu'aux entrées c'est en très mauvais état, plus on s'enfonce en souterrain et plus cela s'améliore.

Carrière des 1

Il s'agit d'une très vieille carrière exploitée pour le banc royal et le vergelé, dans une première partie en hagues et bourrages avec des piliers à bras et rapidement ensuite en piliers tournés. Utilisée ensuite en champignonnière, elle a été entièrement vidée, il ne reste plus que des bâches plastiques dans les anciennes caves.

Piliers tournés Piliers de consolidations Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés Piliers tournés
Piliers tournés

Notes Sous minant quelques habitations la carrière est consolidée avec ces tonneaux de béton ou des piliers de renfort. Le reste est une suite de chambres en piliers irréguliers frappés pour la plupart du chiffre 1 en rouge.

Galerie de circulation Entrée de caves Cave Bassin Tableau Thermomètre
Champignonnière

Notes Tout est complètement vide.

Didier Pierrick Didier
Didier
Russe Vive Boulanger Marcq Baptiste 1838 Russe Roger Savouret Beirnaert Triple con
Signatures

Notes Des noms de carriers pour la plupart, sauf les trois dernières photos, qui appartiennent à des champignonnistes.

Piliers à bras Pilier à bras Corbeaux Corbeaux
Divers

Notes La première photo montre des piliers à bras essayant de soutenir le ciel, dont une cloche de fontis, à l'arrière, a déjà crevé le ciel. Plus loin un gros pilier de soutien a été érigé directement dans une zone de mauvaise tenue, où de nombreuses infiltrations d'eau on rendu le ciel très fragile. C'est d'ailleurs cela qui a stoppé l'extraction ici.

Voici enfin un bel exemple de l'utilisation de corbeaux, ce sont les plus beaux et les plus hauts que j'ai vu.

L'ermitage

Il s'agit d'un bout de carrière, dont une partie a été aménagée en habitation troglodytique. Ce lieu a été conçu par la famille De Montmorency afin de créer un lieu de repos et de retirement, dans un style romantique et ornés d'éléments rococo. Initialement meublé, ils ont été restaurés puis vendus aux enchères.

Piliers de consolidations Piliers de consolidations Piliers de consolidations Tombeau Tour
L'ermitage

Notes Le site dans une ancienne carrière à ciel ouvert se découvre petit à petit. C'est un style tout de suite remarquable et distingué avec des moulures et reproductions en béton. L'ensemble est constitué de pierres de taille, surmontés de linteaux, frises et diverses ornementations mais aussi de motifs sculptés en bois.

Entrée Pièce Cuisine - Four Fenêtres Escalier
Intérieur
Epitaphe Epitaphe Epitaphe Epitaphe
Intérieur

Notes Ses écrits sont un genre poétique que l'on pourrait qualifier d'épitaphes. Il est écrit :

  1. Loin du fracas de la grandeur on peut ici rêver bonheur.
  2. Heureux le philosophe, trop heureux s'il sait l'être.
  3. Le génie, la science et la vertu n'ont qu'une même patrie.
  4. On dort partout quand le coeur est tranquille.
Carrière Carrière Carrière
Carrière
Roues Wagonnet Attelage Treuil
Outillage

Notes Juste à côté se trouve la véritable carrière dont il reste quelques vestiges.

A poêle

Vieille et petite carrière exploitée irrégulièrement dont les entrées de lumière mettent en valeur ces galeries fragiles.

Entrée Piliers Piliers Entrée
Carrière

La justice

Cette carrière a été exploitée surtout à ciel ouvert, on a timidement commencé en souterrain mais cela s'est vite arrêté.

Bouches Bouches Intérieur Pilier Bouche de cavage
Carrière

Notes Observez la fissure qui a littéralement découpé le pilier en deux. Avec la végétation et le temps cela va finir par se détacher.

Troglo Millet - Rilour 1890 Bureau
Bureau

Notes Difficilement lisible il est écrit à la sanguine : Bureau - Ouvert tous les jours, sauf le lendemain des fêtes des enfants.

Les gros bras

Deux carrières peu intéressantes, la première accessible par une belle tranchée donne dans une partie à moitié à ciel ouvert et encore un peu en souterrain. Et quand à l'autre, elle n'a pas d'intérêt car elle est complètement brûlée.

Ciel ouvert Tranchée Tranchée
Entrée
Mur Mur Champignonnière Champignonnière
Galeries
Treuil Cric
Outils

Les rochers

Cette carrière a été une grande carrière à ciel ouvert. Une partie en souterrain existe encore mais elle est entièrement brûlée avec trois carcasses de voitures. Il n'y a plus rien d'intéressant à voir. A côté de cela il y a également une petite bouche de cavage qui ne donne sur rien. Les quelques signatures montrent juste que l'exploitation est très vieille.

Entrée Carrière Carrière 1834
Carrière

Notes On peut voir les traces du pic sur les parois.

Carpentier 1867 Boucher Léon 25 juin 1917 Merien 1846 Alexandre Carpentier 1845
Signatures
Front de taille Traces d burin Fissure
Carrière

Troglo

Il y a 6 ou 7 ans je me souviens être passé devant ce troglo qui était en très bon état, a cette époque la carrière était fermée et je n'avais pas fait de photos. Etant récemment repassé par ici, j'ai été étonné de retrouver le site complètement ouvert aux quatre vents et malheureusement entièrement vandalisé.

Troglo Troglo Troglo
Troglo

Notes Immédiatement à l'entrée de la carrière, se trouve ce petit troglo entièrement construit en pierres de taille. C'est très joli. Mais aujourd'hui il est complètement éventré et s'abîme de plus en plus.

Hague Pilier de soutènement Pilier de soutènement Chaudron Galerie Piliers
Carrière

Notes La carrière forme une sorte de grand "L", c'est petit mais avec du charme. L'exploitation relativement ancienne a été menée au pic en galeries, elle a été ensuite ré-utilisée en champignonnière comme en témoigne le chaulage systématique des murs.

Malheureusement, la carrière étant facilement accessible, il semblerait que les jeunes du coin armés de bombes de peinture, ont adoré taguer chaque murs et piliers en fluo de stupidités et d'insultes. C'est navrant, il n'y a plus aucun respect.

Signatures Puits
Carrière

Notes Ce sont les seules signatures encore visibles, elles datent des champignonnistes.

Pilier de soutènement Pilier de soutènement Pilier de soutènement Boisages Pilier à bras Dessin
Carrière

Notes Une petite zone à l'écart mérite particulièrement l'attention, car dans cette pièce est représenté quatre types de soutènements : boisages, poutrelles, pilier à bras et pilier massif.